Kinepolis veut ouvrir de nouveaux cinémas dans des zones dites "blanches" mais en est empêché

Eddy Dequenne, administrateur délégué du groupe Kinepolis.
Eddy Dequenne, administrateur délégué du groupe Kinepolis. - © LIEVEN VAN ASSCHE - BELGA

Le groupe Kinepolis souhaite ouvrir de nouveaux complexes cinématographiques dans des zones dites "blanches" en Belgique mais en est actuellement empêché par les conditions qui lui sont imposées par l’Autorité belge de la concurrence (ABC). L’entreprise a identifié plusieurs zones d’intérêt dans des régions où l’offre en salles de cinéma est pauvre voire inexistante, tant en Flandre qu’en Wallonie, a-t-elle glissé jeudi à l’occasion de la présentation de ses résultats semestriels. Ce serait pour des multiplexes d’environ huit salles mais certainement pas pour des mégacomplexes de plus de quinze salles comme ceux d’Anvers ou Bruxelles.

Cela fait plusieurs années que Kinepolis demande la levée des conditions qui lui avaient été imposées en 1997 lors de la fusion entre les groupes des familles Bert et Claeys et la création du groupe. Ces conditions prévoyaient notamment l’interdiction de bâtir de nouveaux complexes et l’interdiction de racheter un complexe concurrent sans l’accord de l’ABC, cela afin de protéger la concurrence constituée de plus petits acteurs à l’époque.

En mai 2018, l’Autorité avait finalement décidé de lever les conditions de comportement et de ne plus soumettre l’ouverture de nouveaux complexes en Belgique ou la reprise d’infrastructures existantes à son autorisation préalable à partir d’avril 2020.

Mais la cour d’appel de Bruxelles, saisie par un concurrent du groupe, avait ensuite annulé ces règles pour des raisons de procédure en novembre, avant que l’Autorité ne change son fusil d’épaule en mars dernier. Désormais, il ne faut ainsi plus son autorisation préalable pour ouvrir un cinéma comportant 7 salles ou moins, et 1125 places ou moins. Pour les plus grands complexes, Kinepolis devra par contre toujours demander l’approbation de l’ABC. En outre, les nouveaux complexes ne pourront pas s’établir à moins de 10 kilomètres d’un Kinepolis déjà existant ou prévu.

L’entreprise s’est opposée à cette décision devant la cour d’appel et une décision est attendue au troisième trimestre. Elle ignore toutefois si cette juridiction se prononcera sur le fond du dossier ou si elle se contentera de déclarer l’appel recevable et de renvoyer la "patate chaude" à l’Autorité de la concurrence.

Depuis 1997, le paysage a radicalement changé, insiste Kinepolis, et plusieurs autres grands groupes internationaux (Pathé, Cinéscope ou UGC) sont présents en Belgique. La dernière décision de l’Autorité n’est donc pas du tout du goût du groupe belge. "Kinepolis est la seule entreprise au monde qui n’est pas autorisée à croître organiquement dans son propre pays", s’est de nouveau insurgé Eddy Duquenne, son administrateur délégué. Le patron constate qu’on empêche l’entreprise de se développer en Belgique, où le marché du cinéma reste en retard par rapport aux pays voisins.

"Je ne crois pas que cette décision soit encore en faveur du consommateur mais plutôt qu’elle bénéficie à la concurrence. A chaque appel introduit (contre une décision favorable), c’est d’ailleurs nos concurrents qui en sont à l’initiative", fustige-t-il.

Kinepolis a pourtant des envies d’ouverture en Belgique, notamment dans des zones "blanches" où il y a peu voire pas de cinémas. Certaines ont été identifiées en Flandre, notamment sur l’axe entre Bruxelles et Gand, mais la Wallonie n’est pas non plus en reste, assure le groupe, qui dispose d’une part de marché de 70% au nord du pays et de 30-35% à Bruxelles et au sud du royaume. Pour des raisons de concurrence, l’entreprise ne souhaite toutefois pas donner davantage de détails en la matière.

Si des complexes y voient le jour, ce seront de toute façon des infrastructures comportant environ huit salles et non des mégacomplexes en proposant plus de quinze comme ceux d’Anvers ou Bruxelles.

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