Justifier l'augmentation du prix de la bière par un prix plus élevé de l'orge, "un argument commercial"

Justifier l'augmentation du prix de la bière par un prix plus élevé de l'orge, "un argument commercial"
Justifier l'augmentation du prix de la bière par un prix plus élevé de l'orge, "un argument commercial" - © FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

L'orge, c'est l'un des ingrédients essentiels de toute bonne bière. Mais la sécheresse et la canicule de cet été ont fait diminuer la production mondiale de cette céréale, et certains brasseries belges ont déjà annoncé une augmentation prochaine du prix de la bière.

95 % de l'orge de la matière première utilisée chez nous vient de France, d'Allemagne, du Danemark, d'Argentine, du Canada, etc. De l'orge qui, après avoir été importé, qui est ensuite travaillé, séché, transformé. Du malte que la Belgique utilise pour brasser des bières et l'exporter vers toute une série de pays étrangers. Le prix de l'orge est fixé sur un marché mondial des matières premières, d'où l'augmentation annoncée du prix de la bière. La céréale s'échange généralement entre 150 et 200 euros la tonne. Aujourd'hui, on est à près de 240 euros la tonne.

Pourtant, le prix de l'orge influence de manière minime le prix de la bière, à hauteur de 1%. Jacques de Montpellier est exploitant agricole à Denais, près de Maredsous et il préside l'Association Promotion de l'orge (de brasserie). Pour lui, annoncer une augmentation des prix relève en fait d'une communication commerciale. "Même si ce prix doublait, ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui, ça ne représenterait que 2 %. Donc ça veut dire que c'est peut-être un cent à la bouteille. C'est complètement insignifiant. Il faut bien que le consommateur se rende compte que quand la communication des grands groupes est 'La matière première augmente, ça augmente nos coûts', c'est surtout commercial pour augmenter le prix de la bière."

Un plan pour augmenter la production belge

Historiquement, la Belgique était un grand producteur, mais la concurrence internationale sur les prix a rendu l'orge de brasserie non rentable chez nous. Les surfaces d'orge brassicole ont fondu, ont régressé de plus de 90 % entre 2000 et 2015. Ils ne sont plus que quelques dizaines d'agriculteurs à semer des quantités qui ne cessent, elles, de diminuer.

Mais ce déclin ne va pas mener à la disparition de cette culture chez nous. 91 % de la production belge est wallonne et la filière a été reconnue comme filière à haut potentiel par la région. Un plan à 2 millions et demi d'euros sur 10 ans a été mis sur pied fin 2017, afin de développer la production pour arriver en 2027 à 15 - 20.000 tonnes d'orge. Donc on est très très loin des millions de tonnes produits par les géants de l'exportation, mais dans un créneau plutôt différent : plutôt bio, plutôt en circuit court, avec plus de valeur ajoutée ce qui permet donc de s'affranchir aussi un peu de ce prix mondial de l'orge fixé par les marchés et de diversifier les revenus agricoles. En fait la Wallonie mise sur la tendance aux bières artisanales et aux microbrasseries.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK