Jean-Pascal Labille: "Johnny Thijs, c'est du passé"

Jean-Pascal Labille: "Johnny Thys, c'est du passé"
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Jean-Pascal Labille: "Johnny Thys, c'est du passé" - © Tous droits réservés

"J'avais la garantie du ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, que je pourrais conserver mon salaire. Si, maintenant, il prétend qu'il ne m'a jamais rien promis, c'est un mensonge flagrant", affirme mardi l'ancien CEO de bpost, Johnny Thijs, dans une interview à De Tijd et L'Echo. "Un ministre qui malmène de manière aussi flagrante la vérité... D'autres ont été remerciés pour moins que ça! ", précise-t-il. Mais l'intervention de l'ex-patron de Bpost a le don d'agacer le ministre de tutelle.

Johnny Thijs, qui a dirigé le groupe pendant environ dix ans, assure donc qu'il avait reçu des garanties sur son salaire, fin octobre, au cabinet du ministre Labille. "La seule chose que m'a demandée Labille, c'était d'accepter de continuer sans contrat jusqu'après les élections, parce que mon salaire représentait une question particulièrement sensible à ce moment-là. Ce qui pour moi ne constituait pas de problème", ajoute-t-il.

Par la suite, il dit n'avoir plus jamais reçu de nouvelles du ministre et avoir appris via les médias que son salaire brut serait finalement limité à 650.000 euros par an, contre 1,1 million auparavant. Il précise qu'il était prêt à discuter d'une réduction substantielle de son salaire mais que le ministre n'a pas repris contact avec lui.

"Toute cette discussion autour des salaires des top managers m'irrite au plus haut point, tant elle ne contribue finalement qu'à entretenir la jalousie. Si vous estimez que les salaires élevés sont un problème, augmentez les impôts sur les hauts salaires. Si en revanche, vous êtes un Etat performant avec une vision d'avenir pour votre pays, vous comprenez l'intérêt de ces salaires", déclare Johnny Thijs. "Tout ceci n'était qu'une parade préélectorale, mettant en scène deux personnes: Didier Bellens et moi."

"L'Etat n'est pas un paillasson"

Rappelant avoir toujours exprimé la volonté de diminuer les salaires des patrons des entreprises publiques, Jean-Pascal Labille n'entend plus, aujourd'hui, s'appesantir sur une décision qui appartient au passé. "La priorité de Jean-Pascal Labille à toujours été de diminuer les rémunérations des top managers des entreprises publiques parce que leur niveau était devenu totalement indécent", a rappelé mardi son porte-parole. "M. Thijs a visiblement du mal à se faire à cette idée. Toute cette aigreur, c'est dommage. Mais soit, pour nous le dossier est clos", ajoute-t-il. "Avec la nomination de M. Van Gerven, Bpost a à sa tête un CEO très compétent, qui connaît très bien le secteur postal et dont la rémunération est considérablement diminuée. Ces spécificités ont de tout temps été les seules préoccupations de Jean-Pascal Labille", précise-t-il encore.

Sur nos antennes, lors du Treize heures sur la Une, Jean-Pascal Labille s'est montré particulièrement mordant. "On ne s’essuie pas les pieds sur l'Etat", a-t-il déclaré, rappelant que la décision de raboter le salaire des patrons des entreprises publiques avait été prise par le gouvernement au nom de la "justice sociale" et de la "justice salariale". Et il conclut, assassin, "Johnny Thys, c'est du passé".

Au début du mois de janvier, le Premier ministre Elio Di Rupo avait indiqué au parlement que le comité ministériel restreint s'était accordé sur la possibilité d'envisager une marge, au-delà des 650.000 euros, au cas où Johhny Thijs envisageait de prolonger un an ou deux à la tête de bpost, une hypothèse un temps évoquée. Le chef du gouvernement avait cependant ajouté que M. Thijs lui avait certifié le 21 décembre qu'il n'entendait pas rempiler à la tête de l'entreprise publique.

D'après Belga

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