JEFTA, l'accord caché entre TTIP et CETA dont on ne parle que maintenant

JEFTA, l'accord caché entre TTIP et CETA dont on ne parle que maintenant
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JEFTA, l'accord caché entre TTIP et CETA dont on ne parle que maintenant - © Tous droits réservés

Un accord commercial entre l'Union européenne et le Japon est sur le point d'être conclu. Vendredi soir, Greenpeace Pays-Bas a fait fuiter pas moins de 205 pages de documents confidentiels. Interviewée par La Première, Cecilia Malmström, la commissaire en charge des questions commerciales de l'UE, confirme que les négociations sont très avancées.

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Selon elle, un accord politique pourrait être trouvé dès cet été. D'après Greenpeace, cet accord est deux fois plus important que celui du CETA, l'accord de libre-échange avec le Canada. Pourquoi en entend-on parler que maintenant? Que prévoit cet accord?

Qu'est-ce qu'il y a exactement dans cet accord? Les tribunaux d'arbitrage sont-ils prévus?

Cecilia Malmström: C'est prévu. Je crois que c'est la solution que les Etats membres et le Parlement européen attendent de nous. C'est une façon plus moderne de faire face aux potentiels conflits. Je crois qu'il y en aura très peu avec le Japon, c'est quand même une société qui nous ressemble beaucoup. Je vous avoue que c'est quelque chose qui n'est pas encore résolu. Mais pour l'Union européenne, c'est quelque chose qui est important.

On entend parler de ce JEFTA qu'à la veille d'un accord politique. Pourquoi si tard?

Cecilia Malmström: Je crois que personne ne m'a demandé. J'ai voyagé partout dans l'UE et j'ai mentionné le Mexique et le Japon mais tout le monde me posait des questions par rapport au CETA et au TTIP. Personne n'a voulu savoir. Pourtant nous avons négocié cet accord en très proche collaboration avec les Etats membres et le Parlement européen. Tous les sommaires des dernières négociations sont détaillés et publiés en ligne. Nous avons eu beaucoup de contacts avec la société civile. C'était transparent mais l'intérêt est arrivé que ces dernières semaines.

Comment les Japonais voient-ils ce traité?

Cecilia Malmström: C'est important pour eux, c'est important pour nous. Le Japon, c'est un ami, un allié. Si nous pouvons aujourd'hui éliminer les obstacles, c'est une très bonne chose. Le côté politique ou géostratégique est également présent. Nous pouvons montrer au monde que deux parties (UE et Japon) croient aux avantages du libre commerce. On peut faire du commerce juste et transparent et c'est une bonne chose.

La Belgique va bientôt saisir le Cour européenne de justice pour vérifier la compatibilité du mécanisme des tribunaux d'arbitrage avec les traités européens. Est-ce que cela vous inquiète?

Cecilia Malmström: Non, c'est un droit que tous les Etats ont. Cette partie de l'accord avec le Canada n'entrera pas en vigueur tant que tous les Etats n'ont pas ratifié l'accord. Ca va donc encore durer des années peut-être. Nous sommes confiants quant au fait que ce que nous avons proposé est en lien avec les traités européens mais c'est une bonne chose que la Belgique demande à la Cour de justice pour clarifier tout cela.

Les Etats-Unis donnent l'impression de vouloir quand même négocier avec l'UE. Le TTIP ne serait-il donc pas si mort et enterré que cela?

Cecilia Malmström: Je ne pense pas que le TTIP soit mort. Pour l'instant, il est dans le frigo. Ni nous, ni les Américains n'est prêt à le sortir. Nous avons besoin de plus de temps. Mais l'idée de faciliter le commerce avec les Etats-Unis, c'est une bonne chose, tout le monde est d'accord avec cela. Pour l'instant je crois qu'on aura besoin de plus de temps, donc ce n'est pas la priorité immédiate.

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