Jean-Pierre Clamadieu (Engie): "Après 2025, il n'y a aucune volonté de plier bagage en Belgique"

Le patron d’Engie se veut catégorique: "Nous sommes là, et pour longtemps", dit-il pour rassurer le monde politique. Le phénomène des Gilets jaunes serait lié à un déficit d’explications, et les patrons français qui veulent s’installer en Belgique doivent faire preuve d’humilité. Mais le défi majeur pour les entreprises européennes, c'est la gestion de l'environnement. Et c'est là que l'Ancien continent aura un rôle à jouer.

Les centrales nucléaires: et après 2025, que fera Engie

Avec pratiquement tous nos réacteurs à l’arrêt, doit-on parler de tension entre Engie et le gouvernement fédéral? Jean-Pierre Clamadieu l’assure, Engie-Electrabel "a un rôle majeur à jouer en remettant les centrales en marche, mais dans le respects de toutes les mesures de sécurité."  Il le reconnaît, il y a parfois des échanges musclés avec le politique. Mais ce qui compte, assure-t-il, c’est la volonté de travailler ensemble pour assurer l’approvisionnement du pays.

Et non, Engie ne partira pas après 2025, date de la fermeture de toutes les centrales. Car après, il faudra gérer le démantèlement. "Enige respectera ses engagements comme cela a toujours été le cas. Nous sommes un acteur majeur du système gazier. Nous assumerons nos engagements à court, moyen et long terme et nous passons ce message aux autorités politiques de tous les pays dans tous les pays."

"Il n’y a aucune volonté de plier bagage en Belgique", insiste le patron d’Engie qui rappelle que la Belgique est le second pays du groupe avec près de 17.000 personnes présentes, y compris dans les énergies renouvelables: "Nous sommes là et pour longtemps."

Les gilets jaunes: un manque d’explications

Le président d’Engie voit les gilets jaunes comme "un mouvement  atypique qui montre un mécontentement autour du thème du niveau de vie". il faut, selon lui "expliquer les politiques, qui sont difficiles à comprendre à cause de leur impact."

Français, Jean-Pierre Clamadieu connaît la Belgique pour avoir dirigé le groupe Solvay. Est-il pour autant facile de faire des affaires en Belgique? Le capitaine d'industrie donne une réponse en deux temps: notre pays est très ouvert mais, paradoxalement, l’approche est parfois un peu plus compliquée pour un Français qui compte sur la proximité de la langue, mais découvre que sur le plan politique, la culture du compromis à la belge n’est pas dans les habitudes françaises.

Les entreprises actrices de l’Europe

Pour le patron français, les industriels portent une part de responsabilité dans l’avenir de l’Europe. "Nous sommes les créateurs de valeurs qui permettent à l’Europe de développer son modèle social." Il reprend à son compte le message tenu à Berlin par Angel Merkel qui a demandé aux entrepreneurs d’être "des acteurs responsables de la vie européenne. "

Le retour des barrières douanières de l’Amérique de Trump ont d’ailleurs provoqué un vide dans le leadership mondial. "Il faut que l’Europe joue cette carte. La bonne nouvelle dans le Brexit est que l’Europe continentale est restée unie. Cette unité doit être utilisée pour repartir à l’offensive dans la gouvernance mondiale."

L’environnement comme un atout

A l’approche de la COP, conférence internationale sur le climat, Jean)Pierre Clamadieu assure que les entreprises ont "dépassé le stade de l’incantation (environnementale)"… "Nous sommes dans l’action. Et nous prenons des décisions en tenant compte des exigences climatiques". Il en prend pour exemple l’achat, par Solvay d’une ferme solaire aux USA, et la décision d’Engie d’investir dans un parc solaire de la dimension de 200 terrains de football à Lommel.

L’Europe aurait donc pris le leadership en matière d’environnement, mais les politiques énergétiques sont encore trop nationale à ses yeux. "Nous devons mettre en commun nos ressources. Dans les batteries, l’Europe est en retard, il y a encore des choses à faire. Sur le changement climatiques les gagnants sont ceux qui font preuve d’audace et prennent, les premiers, ces  paris."

Peu loquace  à Propos de Carlos Ghosns poursuivi pour fraude fiscale, le patron français  met l’accent sur la nécessaire transparence et conclut que ce n’est certainement pas une bonne nouvelle pour l'image des patrons.

 

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