Jean Hindriks sur les pensions: "Stop aux calculs d'épicier"

La semaine a été marquée par le débat crispé autour de la réforme des pensions. Entre l'opposition des syndicats et la détermination du gouvernement, pour Jean Hindriks, professeur d'économie à l'UCL et membre du Conseil Académique des pensions, il manque quelque chose d'essentiel dans le débat : la solidarité. "Il faut arrêter avec les intérêt particuliers, les corporatismes où chacun regarde ce qu'il perd et ce qu'il gagne dans chaque réforme plaide Jean Hindriks. On fait des calculs d'épicier et on perd la vue d'ensemble. Finalement, cette sécurité sociale est quelque chose qui nous lie tous, les faibles et les forts, (...) les jeunes et les vieux. Il faut qu'il y ait une solidarité, c'est quand même le principe fondamental des pensions. Et cette solidarité devient problématique, on voit une forme d'égoïsme générationnel. Les plus âgés oublient de prendre en compte la situation qui se détériore chez les jeunes qui sont leurs enfants et petits-enfants en fait".

Rien en réserve pour financer les pensions

Pour Jean Hindriks, le problème c'est que nous n'avons rien provisionné pour anticiper le vieillissement de la population:"On a un nombre croissant de personnes qui partent à la pension, de l'ordre d'un demi-million de personnes supplémentaires sur les dix prochaines années. C'est considérable ! Et il n'y a pas de réserve provisionnée pour cela. Il va falloir aller chercher cet argent chez les personnes actives, c'est à dire les plus jeunes !"

Pour y parvenir, Jean Hindriks plaide pour une égalité de durée de carrière, plutôt qu'une égalité d'âge de la retraite : "L'erreur du gouvernement, ça a été de démarrer la législature en annonçant le report de l'âge de la retraite à 67 ans. (...) Au lieu de se cabrer sur ce chiffre fétiche des 67 ans, moi je propose un autre chiffre : 33 ans, c'est actuellement, la durée effective de cotisation en Belgique. Il faut demander à chacun de faire une petit effort dans la mesure de ses possibilités pour travailler plus que ces 33 ans, ça ne me parait insurmontable et ça change la perspective".

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