"Je ne veux pas être manager": être chef, c'est tellement old school pour la génération Y

"Je ne veux pas être manager": être chef, c'est tellement old school pour la génération Y
"Je ne veux pas être manager": être chef, c'est tellement old school pour la génération Y - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Une écrasante majorité des jeunes de 20 à 35 ans, rangés dans la fameuse "génération Y", l'affirme : ils ne veulent pas être manager. Ils ont été interrogés dans le cadre d’une étude internationale conduite par le groupe de ressources humaines Manpower.

3% seulement des jeunes Belges interrogés veulent arriver au sommet de leur boîte et 1% a envie de gérer des équipes, c’est très peu. Pour Sébastien Delfosse, directeur des ressources humaines de Manpower en Belgique, la génération Y a d’autres priorités.

"La jeune génération voit la carrière d’une façon différente. Le poste de management en tant que tel est peut-être moins un objectif en soi et plutôt un désir de s’épanouir dans la carrière. On voit que les aspirations des jeunes aujourd’hui sont plus au niveau des collègues, de ce qu’ils vont pouvoir apprendre dans leur carrière, et du sens de leur travail, bien plus qu’une fonction hiérarchique en tant que telle."

La jeune génération voit la carrière d’une façon différente

En revanche, 9% des jeunes Belges interrogés envisagent de créer leur propre entreprise. Et donc, qu’ils le veuillent ou non, ils finiront bien un jour par devenir managers... de leur propre boîte.

Quant à savoir si la génération Y a moins envie de fonctions managériales que les générations précédentes, c'est difficile à dire. Cette étude n’existait pas il y a 20 ans. Ce qui est certain, c’est que le monde de l’entreprise a énormément changé, tout comme le rapport au travail. La génération Y l’a bien compris. Par exemple, elle sait qu’elle va devoir travailler plus longtemps que ses aînés. La retraite à 67 ans, c’est pour elle évidemment, pour d’autres aussi d’ailleurs. Et donc, beaucoup de jeunes pensent qu’ils vont devoir acquérir des compétences tout au long de leur carrière. C’est là qu’ils voient leur véritable sécurité d’emploi.

Volonté d'acquérir de nouvelles compétences

Dans ce contexte, les entreprises doivent s’adapter si elles veulent attirer ou conserver les jeunes talents. Un chiffre : 76% d’entre eux considèrent la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences comme un facteur déterminant pour choisir ou rester chez un employeur.

Durée idéale sur un même poste : 2 ans, et c’est un maximum. Sinon on s’en va vers la concurrence. Pas mal d’entreprises l’ont compris et elles évoluent car, relève Sébastien Delfosse, la majorité des jeunes interrogés est plutôt satisfaite du style actuel de management.

"Quand on voit le résultat de l’enquête, 2/3 des jeunes sont satisfaits en soi des managers qu’ils ont aujourd’hui. Par contre, quand on leur demande ce qu’ils préféreraient en termes d’amélioration, là on voit qu’on est vraiment sur plus d’écoute, plus de feedback, plus de reconnaissance par rapport à leur travail. Donc oui, le rôle du manager va devoir évoluer, et je pense qu’il évolue déjà aujourd’hui."

Les organisations ont compris la nécessité de faire évoluer le style de management, ce qui explique par exemple la capacité de se remettre en question, d’évaluer les aspirations des jeunes, et des moins jeunes aussi d’ailleurs, et surtout d’essayer d’y répondre.

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