Japon: l'économie tourne au ralenti, l'étranger s'en ressent

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Japon - © Dela Pena (EPA)

Près de deux semaines après le séisme et le tsunami qui a balayé le pays, l'industrie japonaise tourne toujours au ralenti. Des petites sociétés, des indépendants ne se sont toujours pas manifestés ou alors les structures ont souffert, des employés sont portés manquants.

La reprise générale est forcément et tragiquement lente. Elle a déjà quelques influences sur la livraison de pièces à l'étranger, essentiellement dans deux domaines : l'électronique et l'automobile.

Pour les sociétés hors Japon qui comptent sur des livraisons, l'alternative est la suivante : ou bien c'est l'attente, quitte à bientôt repousser leurs propres délais, ou bien c'est la recherche d'autres fournisseurs. General Motors, par exemple, prospecte en Allemagne. Mais les pièces automobiles sont variées et spécifiques.

Au Japon même, l'état des lieux ne sera pas complet avant deux ou trois semaines. Il faudra songer à relancer la production et la consommation locales. La demande locale sera pressante. Livrer l'étranger sera sans doute secondaire.

Aucune société automobile assemblant hors Japon n'a encore pris de mesures radicales, tout au plus, un léger ralentissement de la production en supprimant des heures supplémentaires.

Plusieurs constructeurs automobiles japonais ont délocalisé une partie de leur production depuis des années. C'est le cas de plus de 80% des Toyota et Nissan européennes. La majorité des Suzuki européennes sont assemblées en Inde et en Hongrie. La plupart des pièces sont disponibles chez des sous-traitants locaux, une condition pour bénéficier d'aides publiques.

Le circuit d'approvisionnement général est d'ailleurs très étendu et quelquefois inattendu. Un grand constructeur français ne traite qu'avec une seule société pour quelques composantes électroniques du moteur diesel. Or, cette société japonaise a été partiellement détruite par le tsunami du vendredi 11 mars.

 

Dominique Delhalle

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