Jan Smets (patron de la BNB): on ne change rien aux prêts hypothécaires pour l'instant

Jan Smets, gouverneur de la BNB: "C’est le sentiment d’incertitude qu’il faut arrêter".
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Jan Smets, gouverneur de la BNB: "C’est le sentiment d’incertitude qu’il faut arrêter". - © Tous droits réservés

Jan Smets, gouverneur de la Banque nationale, a pris ses marques. Contrairement à la situation dans laquelle était son prédécesseur, il se dit optimiste pour l’avenir de l’économie du pays. Les salaires sont à la hausse et la plupart des marqueurs sont au vert. Bonne nouvelle, aussi, pour ceux qui ont une brique dans le ventre: on ne touchera pas aux conditions d’octroi d’un prêt hypothécaire. En tout cas pas avant plusieurs mois.

Pour le gouverneur démocrate-chrétien flamand, l’état de santé de notre économie est plutôt bon, avec une perspective de 230 000 emplois créés d’ici la fin de la législature. "100 000 emplois ont déjà été créés en 2015 et 1016 et 115 000 autres s’y ajouteront au cours des deux années prochaines." Pour le patron de la BNB, c’est le reflet du redressement de l’économie en Europe et dans la zone euro. "Cela reflète le succès de la politique monétaire des taux bas, mais aussi de la réduction salariale et le tax shift."

Grâce à qui? Au contexte international ou au gouvernement Michel?

Le taux de croissance de la Belgique atteint maintenant 1,6%. Mais à qui attribuer cette belle reprise? Au gouvernement Michel ou au rebond de l’économie globale? Aux deux répond Jan Smets: "C’est le résultat de la politique de la BCE, d’un environnement international qui se porte mieux et des réformes structurelles en matière salariale et pour les pensions".

Plus d’argent dans nos poches

Pour le gouverneur de la BNB, tout cela se traduit par davantage d’argent dans la poche des Belges. "Le revenu des Belges a augmenté, et va augmenter. On constate une croissance du revenu disponible en termes réels (au-delà de l’inflation)". L’explication fournie est qu’il y a davantage de personnes qui disposent d’un emploi et que la hausse des salaires réels revient grâce à l’accord des partenaires sociaux ou et au tax shift qui réduit l’impôt des personnes physiques.

Nuage noir : 8 milliards à trouver pour le budget prochain

Un nuage vient pourtant assombrir ce constate enthousiaste. Sera-t-il possible de trouver 8 milliards pour le prochain budget ? Et surtout quel en sera l’impact sur le lent réveil de l’économie ?

Jan Smets reconnaît que ce sera difficile et que l’effet pourrait être négatif sur le court terme. "Mais cela reste souhaitable. Cela ne va pas obligatoirement casser la bonne dynamique économique. Si on peut convaincre les gens qu’en faisant cela on crée une perspective budgétaire stable (pensions, soins de santé…). Et si, dans le même temps, on peut convaincre les investisseurs qu’ils ne doivent plus craindre des mesures fiscales perturbante pour leur retour sur investissement, ils dépenseront plus qu’aujourd’hui. C’est au sentiment d’incertitude qu’il faut mettre un terme."

Lancer d’autres réformes économiques, est-ce réaliste?

Au désir du gouvernement de lancer d’autres réformes économiques, le gouvernement de la Banque Nationale de Belgique répond que si de nouvelles réformes sont prises, elles devront être neutres du point de vue budgétaire. "Il faut pouvoir mener à bien la mission sur plusieurs fronts: c’est possible car je pense que les réformes structurelles qui encouragent la croissance structurelle interne et l’investissement peuvent participer à l’assainissement des finances publiques."

Pieter Timmermans, patron de la FEB  déclarait il y a quelques semaines que toutes les options budgétaires ont déjà été utilisées pour combler le trou et que d’autres grandes réformes ne sont plus nécessaires. Un avis que ne partage pas Jan Smets: "Ce n’est pas sûr, il faut accompagner la stratégie budgétaire par une stratégie de croissance de l’investissement."

Et même si la perspective des prochaines élections communales fait monter la pression, Jan Smets assure qu’il plaidera pour "que l’on s’occupe de l’avenir des gens et de notre économie. On peut s’y attaquer en menant une double stratégie budgétaire et structurelle de croissance et d’investissement."

Quel avenir pour les emprunts hypothécaires?

Pas d’inquiétude majeure pour les candidats à l’investissement immobilier. Pour le moment, il n’y a pas de hausse des taux en vue à la BCE, résume Jan Smets: "On a décidé de conserver la politique telle qu’elle est car on ne voit pas encore le signe d’une hausse des prix."

La BNB a pourtant subi les foudres du public belge en recommandant de rendre plus strict l’accès au prêt hypothécaire. Le gouverneur s’en explique. "On accorde trop facilement un prêt en Belgique. Notre pays est le seul à ne pas avoir connu de correction sur le marché immobilier et où les crédits aux personnes vulnérables augmente." Notamment en accordant des prêts pour des montants supérieurs à 85% de la valeur du bien acheté.

"Nous nous occupons de la santé du système financier. Nous avons durci les conditions il y a 3 ans en demandant aux banques de mettre plus de réserves de côté lorsqu’elles prêtent. Et maintenant nous demandons plus de capital dans le chef des banques." Il n’empêche, devant la levée de boucliers des Belges, le gouvernement a décidé de conserver la situation existante et demande à la BNB une nouvelle évaluation. "On se donne jusqu’à octobre ou novembre pour une nouvelle évaluation du marché. Et on en tirera les conclusions.

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