Jan Jambon appelle les épargnants flamands à sauver l'économie de la Région

Le gouvernement flamand n’était pas en congé lors de la Pentecôte, puisqu’il a présenté lundi le premier volet de son plan de relance. La mesure la plus marquante est son appel aux épargnants flamands à sauver l’économie du nord du pays. 

Ce n’est pas un hasard, selon Jan Jambon, si cet appel a justement été lancé le jour de la Pentecôte. Lors de la présentation de ce "pacte de solvabilité", qui invite les citoyens à investir leur argent dans les entreprises flamandes, le ministre-président a ainsi déclaré: "La Pentecôte est le jour de fête lors duquel les croyants ont retrouvé l’espoir, et suite auquel ils ont à nouveau fait preuve de cran et de courage. Je suis convaincu que les Flamands aussi ont à nouveau de l’espoir et qu’ils vont se montrer audacieux". 

Le gouvernement Jambon demande ainsi aux Flamands de participer à un "fonds de prospérité" qu’il a créé pour aider les entreprises qui ont besoin de plus de capital. La Flandre a pour ambition de récolter un demi milliard d’euros. 240 millions seront injectés par les autorités, via la société flamande d’investissement. Les 260 millions restants devront, eux, provenir des particuliers. On leur propose ainsi d’acheter des parts du "fonds de prospérité". En échange, les épargnants bénéficieront pendant 3 ans d’un avantage fiscal de 2,5% sur le montant investi. 

Les plus petits épargnants pourront, eux aussi, participer à l’effort en investissant dans les PME via ce que les pouvoirs appellent un "capital amical". En soutenant par exemple son coiffeur ou son boulanger, les citoyens bénéficieront de la même baisse d’impôt de 2,5% pendant une durée de 5 ans. 

Des milliards d’euros inactifs

Selon la ministre flamande de l’Economie, Hilde Crevits, des dizaines de milliards d’euros dorment actuellement dans les comptes d’épargne flamands. De l’argent qui n’est pas rentable vu les très faibles taux d’intérêts. Les autorités désirent donc activer ces montants pour créer une situation de gagnant-gagnant: les épargnants se voient financièrement récompensés, alors que les entreprises pourront augmenter leur capital. On notera que seules les entreprises ancrées en Flandre ont le droit de bénéficier du système. 

Scepticisme 

L’économiste Paul De Grauwe s’est montré sceptique face à cette nouvelle mesure. Selon lui, c’est une fausse idée de croire que la fortune des Flamands se trouve dans les comptes d’épargne. L’argent est en effet utilisé par les banques pour permettre par exemple les emprunts ou les crédits bancaires. De Grauwe doute ainsi que le rendement de cette mesure ait correctement été calculée par les autorités. Il estime par ailleurs que tout ça rendra la fiscalité encore plus complexe qu’elle ne l’est déjà. 

D’autres voix ont en outre pointé le risque, pour l’épargnant, de perdre son argent si les choses tournent mal pour l’entreprise dans laquelle il a investi. 

Affirmation de l’autonomie flamande 

Comme Jan Jambon a tenu à le souligner, les mesures du gouvernement Wilmès se focalisent sur la liquidité des entreprises, et donc sur leur situation à court terme. Le gouvernement flamand veut, lui, marquer la différence en axant sa politique sur la solvabilité, et en permettant donc aux entreprises de répondre à leurs obligations financières à plus long terme. Selon le ministre flamand du budget, Matthias Diependaele, l’idée est de "renforcer la fondation sur laquelle la relance peut être construite". 

Le plan flamand se veut donc complémentaire à celui du fédéral. Mais il a aussi pour but de démontrer la force de réactivité de la Flandre et sa capacité à se prendre en main de façon autonome. Dans son analyse, le quotidien De Standaard pointe d’ailleurs le ton présidentiel adopté par le chef de la coalition flamande. Jan Jambon aura l’occasion de renforcer cette impression de souveraineté lors de la présentation du 2e volet de la relance, prévue d’ici début juillet. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK