Ittre: l’entreprise Virginal Paper en faillite : une soixantaine d’emplois menacés

Ittre: l’entreprise Virginal Paper en faillite : une soixantaine d’emplois menacés
Ittre: l’entreprise Virginal Paper en faillite : une soixantaine d’emplois menacés - © THIERRY ROGE - BELGA

La faillite de l’entreprise papetière Virginal Paper a été prononcée par le tribunal de l’entreprise du Brabant wallon. Les syndicats se disent à la fois surpris et furieux.

Virginal Paper emploie une soixantaine de personnes et avait succédé à Virginal (Ittre) à la société Idem Papers, elle-même déclarée en faillite en juin 2017 au terme d’une procédure de réorganisation judiciaire qui n’avait vu aucun repreneur se déclarer. La relance est venue un an plus tard, grâce à des investisseurs scandinaves et à l’appui de la Sogepa, un des bras financiers de la Wallonie.

Archives JT: sujet du 26 mai 2017, quand une grève avait eu lieu à Idem Papers (ex Virginal Paper):

Les syndicats se disent surpris : « Il n’y a pas deux mois nous avons eu une aide supplémentaire de la Sogepa pour permettre la relance complète de l’entreprise avec de bonnes perspectives en fonction du carnet de commandes », explique Manuel Fernandez, secrétaire régional de la CSC bâtiment, industrie, énergie. Selon le secrétaire régional, l’actionnaire principal n’aurait plus eu suffisamment de liquidités pour maintenir l’activité quotidienne du site : « L’actionnaire a demandé une nouvelle aide à la Région mais ne l’a pas reçu vu les circonstances de demander à nouveau de l’argent seulement deux mois après la dernière aide. Je pense que la confiance était rompue ».

Une relance difficile

L’entreprise brabançonne venait effectivement de se relancer seulement depuis quelques moisMais cela ne s’est pas fait sans mal. Des problèmes techniques sont survenus. Des retards de livraison de pâte à papier ont freiné le processus de relance malgré un carnet de commandes encourageant mais aujourd’hui c’est la douche froide, la colère et le risque de perdre tous les emplois : « Un Scandinave revient pour nous aider… Ça ne fait pas un an et déjà il y avait du chômage partiel, ce que l’on peut comprendre vu le fonctionnement de l’outil, justifie Manuel Fernandez. Et puis… Alors qu’on annonçait une reprise avec des équipes tournantes pour l’été, finalement tout s’écroule. Nous allons interpeller la Sogepa parce qu’avec l’actionnaire, la communication a été très compliquée depuis le début. On va demander des explications parce que c’est une faillite qui intervient alors que la cellule de reconversion d’Idem papers, l’ancienne entreprise, n’est même pas achevée ».

Les représentants des travailleurs attendent à présent un contact avec le curateur mais également avec la Sogepa dans les plus brefs délais. Ils analyseront le dossier dans les prochains jours, pour examiner notamment d’éventuelles créances du personnel et demander la mise en place d’une cellule de reconversion. Ils craignent la fin définitive de l’entreprise de Virginal et la perte d’emploi pour tous les travailleurs : « Depuis aujourd’hui, le contrat de travail de tout le monde est rompu. Le curateur va leur remettre leur C4. C’est la case départ à nouveau ».

Le bourgmestre déçu

Le bourgmestre d'Ittre, Christian Fayt, parle d'une « très grosse déception » face à l'annonce de la faillite. Selon le bourgmestre ittrois, l'investisseur norvégien s'est finalement désintéressé de Virginal Paper, pour se concentrer notamment sur le rachat d'une papeterie beaucoup plus importante en Allemagne: « Beaucoup de gens sont déçus: la Sogepa et la Région wallonne ont tout essayé pour maintenir l'entreprise mais elles sont tenues par des règles et ne peuvent pas investir davantage que le privé. En janvier, il avait été envisagé d'injecter 2,5 millions d'euros d'argent public, et l'investisseur devait de son côté apporter 2,7 millions. Il ne l'a pas fait, en tout cas pas entièrement. Quand les machines tournent, elles produisent un papier de qualité mais il y a un manque de financement. L'investisseur privé a acheté une grosse entreprise en Allemagne, qui tourne toujours, et il s'est focalisé là-dessus en se désintéressant de Virginal. Il faut dire les choses comme elles sont », a-t-il réagi le bourgmestre d'Ittre.

S'il n'exclut pas tout à fait une nouvelle reprise, Christian Fayt estime qu'il faut à présent réfléchir à la reconversion du site, 16 hectares de zone industrielle qui sont désormais propriété de la Région wallonne et situés le long du canal Charleroi-Bruxelles.

Dans un communiqué, la Fédération PS du Brabant wallon évoque «une réelle émotion mais aussi un profond désarroi» face à la faillite de Virginal Paper et au sort de la soixantaine de travailleurs qui y étaient employés. Elle se demande au passage si le plan industriel avait été étudié avec le sérieux nécessaire lors de la reprise et pointe le ministre régional de l'économie, Pierre-Yves Jeholet, qui avait affirmé en janvier dernier que les difficultés de Virginal Paper était aplanies.

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