Investir dans une institution culturelle : l'exemple du Théâtre de Liège

Le Théâtre de Liège
Le Théâtre de Liège - © SOPHIE KIP - BELGA

Le club des entreprises partenaires du Théâtre de Liège est tout jeune, il a été créé l’année dernière et c’est l’heure d’un premier bilan. Ce club compte à ce jour une petite quinzaine d’entreprises bien connues à Liège et au-delà. C’est EMI, Etihad, Mitra, Safran, Aero Boosters. Idéalement le directeur du Théâtre de Liège Serge Rangoni voudrait que ce club compte une vingtaine de sociétés membres, car, pour son théâtre, l’enjeu est important, explique-t-il : « Sur le plan financier, bien sûr, c’est une partie non négligeable du budget. On sait très bien qu’une structure comme la nôtre, un bâtiment comme le nôtre en termes de fonctionnement, requiert des moyens importants qui sont évidemment donnés par les pouvoirs publics et que tout ce qui vient comme aide supplémentaire permet de faire de l’activité et permet d’avoir un retour artistique plus important ».

L’entrepreneur et commerçant liégeois Stéphan Uhoda a été l’une des chevilles ouvrières de ce club et il est très transparent sur l’apport financier des entreprises au théâtre : « Le ticket financier est de 10.000 euros par an pendant une période de trois ans. Il est important de souligner que la totalité de ce montant est consacrée à la création artistique et à l’aide des jeunes artistes. Pratiquement, puisque nous sommes dix fondateurs, c’est 100.000 euros que le théâtre a à sa disposition sur lequel d’ailleurs il nous fait des propositions de projets. Nous participons aussi à la sélection sur base des projets qu’ils ont sélectionnés et donc ce n’est pas juste donner de l’argent. Je pense qu’il y a aussi un sentiment de participer à un projet culturel qui permet aussi de développer finalement la ville, de développer son image et de rassembler des entrepreneurs avec des gens culturels. Je pense que ça, on ne le fait pas assez ».

Qu’attendent les mécènes?

Mais le soutien financier des entreprises au Théâtre de Liège est affecté à des projets précis, pas au budget global. Pour Serge Rangoni, c’est même un élément clé de cette collaboration, poursuit-il : « Nous avons vraiment voulu axer notre action avec les entreprises sur des projets artistiques, sur des projets de développement sociétal. On essaye aussi qu’il y ait à chaque réunion (il y en a trois par an) du contenu, des invités qui viennent parler de leur métier, de leur fonctionnement. Je pense que c’est ça qui fait la richesse de ce club ».

Le budget annuel du Théâtre de Liège est de 5,2 millions d’euros par an, dont un peu plus de la moitié viennent des subventions publiques. Les tickets d’entrée génèrent grosso modo 15% des recettes du théâtre. Le reste vient notamment du sponsoring, mécénat, de la vente de spectacles à l’étranger par exemple.

Pour Stéphan Uhoda, l’implication des entreprises est assez proche du mécénat. Elles n’attendent pas un retour important, pas d’esprit de lucre, dit-il, même si, comme le reconnaît Béatriz Cantillana (la nouvelle présidente du club), ce mécénat peut servir à la communication interne et externe des entreprises : « Nous avons des désavantages en tant que membres pour pouvoir inviter le personnel, ainsi que des clients, pour venir voir les différentes pièces et de faire de même les visites du théâtre, des bâtiments et pour visiter l’architecture du bâtiment ».

Mais au bout du compte ce qui traverse ce soutien des entreprises au Théâtre de Liège, c’est quand même l’idée qu’il n’y a pas de développement économique sans développement culturel.

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