Interdiction des voyages non-essentiels : des remboursements sont possibles mais pas toujours

Des vols annulés, des voyages non-essentiels vers l’étranger interdits, des vacances de Carnaval qui approchent et des acteurs du tourisme qui n’en profiteront pas. Pour Anne-Sophie Snyers, secrétaire général d’UPAV, l’Union professionnelle des agences de voyages, la situation est critique. Mais est-ce que les voyageurs qui ont réservé un séjour pendant les vacances de carnaval, payé un acompte, seront-ils remboursés ? "Tout dépendra de la configuration dans laquelle ils ont réservé", indique la représentante de l’UPAV, invitée de Matin Première ce vendredi.

Sports d’hiver : une obligation à rembourser

"Pendant les vacances de Carnaval", ajoute-t-elle, "il y a beaucoup de gens qui ne passent pas forcément pas une agence de voyages. C’est un accord entre le locataire et le propriétaire de l’endroit qui a été loué. Pour tout ce qui est voyage organisé, il y a des organisateurs qui annulent eux-mêmes parce que la capacité n’est pas remplie. Et pour les autres, les agences de voyages essaient autant que faire se peut de rembourser ce qui est remboursable. Ici, pour les sports d’hiver, c’est assez facile de rembourser puisque les stations de sports d’hiver françaises seront probablement fermées. Et ils ont une obligation de rembourser."

"Il y a eu un certain engouement pour le congé de carnaval", a-t-elle reconnu dans Matin Première. Un engouement avant Noël "parce qu’à Noël, en octobre les ventes avaient un tout petit peu repris, les gens avaient l’espoir de pouvoir un peu partir au Carnaval. Mais depuis le janvier, les annulations tombent et n’arrêtent pas", ce avant l’éventuelle communication du Comité de concertation, attendue ce vendredi soir.

Ce sont aussi les organisateurs de voyages qui annulent

Ce sont les voyageurs qui annulent. "Mais ce sont aussi les partenaires, les organisateurs de voyages sur place qui se rendent compte qu’ils n’auront sans doute pas la demande suffisante pour rester ouverts et pour rester rentables qui décident de fermer. Ils prennent les devants et annulent auprès des voyageurs."

Quand il s’agit d’une destination qui est ouverte mais dans laquelle "nous ne pouvons pas aller ou nous ne pourrions pas aller parce qu’il y a une interdiction, seulement en Belgique et pas dans les autres pays, c’est beaucoup plus compliqué de se faire rembourser par le partenaire local."

En tant qu’association, on ne va jamais attaquer l’Etat

Juridiquement, les autorités ont-elles le droit d’interdire les voyages non-essentiels, dits de loisirs ? Ont-elles le droit d’interrompre les activités des agents de voyages ? "Elles ont le droit de prendre des décisions qu’elles jugent importantes pour la santé de la population", reconnaît l’UPAV. "Elles ont eu le droit de fermer les frontières en mars. Ici, c’est un peu litigieux. C’est pour cela que je pense que le Premier ministre a bien insisté sur la non-fermeture des frontières. Mais pour l’interdiction des voyages non-essentiels, il navigue un petit peu sur le légal."

Dès lors, contester cette décision, devant les tribunaux, est-ce possible ? Certains acteurs pénalisés par la mesure voudront l’attaquer. "En tant qu’association, on ne va jamais attaquer l’Etat, ce n’est pas notre rôle", dit l’UPAV. "Je ne pense pas que ce soit malin de les attaquer. Je pense qu’il faut surtout travailler en collaboration, essayer de comprendre pourquoi ils ont mis cette interdiction en place, essayer d’informer au mieux et les clients et le secteur…"

Certains vont voyager en argumentant un voyage essentiel

Le souci de l’UPAV, dit sa représentante, repose sur la distinction entre voyages essentiels et non-essentiels. "Le Belge est imaginatif. Je sais que certains vont continuer à voyager en argumentant un voyage essentiel pour autant qu’on ait la liste des voyages essentiels. Je ne suis pas sûr qu’en interdisant, on touche la bonne cible des personnes qui ne devraient pas voyager."

L’UPAV comprend que la Belgique ne peut pas se permettre de voir revenir, à la fin du congé de carnaval, des dizaines de milliers de citoyens contaminés, peut-être avec un variant du Covid-19 plus contagieux. "Après les vacances de Noël, on a quand même eu des chiffres assez explicites montrant d’où venaient les contaminations supplémentaires. Ce n’était pas spécialement des voyages à l’étranger pour des vacances, c’était surtout des regroupements familiaux."

Une reprise en septembre

On n’attaque pas le problème par le bon bout pense l’union des agences de voyages. "On laisse encore les voyages d’affaires ouverts. Mais comment vont-ils faire pour contrôler que toutes les personnes parties n’ont pas eu de contacts à risques ? Nous prônons un test pour les personnes qui partent, les personnes qui rentrent. Donc, un contrôle pour ceux qui voyagent quand même, même si la demande est plus faible."

L’UPAV espère voir les éclaircies à Pâques. La campagne de vaccination, c’est l’espoir du secteur. Des départs cet été ? C’est possible ajoute Anne-Sophie Sneyers, "même si au fond de nous, on pense que la reprise, ce sera à partir de septembre."

Pour Pâques et les grandes vacances, en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique, "il y aura beaucoup de last minutes".

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