Influenceurs du web et marques commerciales: quelles relations ?

Rencontre avec des influenceurs, un métier 2.0.

Ils sont souvent jeunes, voire très jeunes. Et sont parfois suivis par des dizaines, des centaines de milliers de fans sur les réseaux sociaux — Instagram, YouTube et Facebook surtout. Et bien sûr, ce succès intéresse les marques.

Les influenceurs font vendre. 33% des followers — les suiveurs — disent qu’ils découvrent de nouveaux produits grâce à leurs influenceurs et dans un cas sur deux, ils vont acheter. Un constat que fait aussi de Mindy Grossman, la patronne américaine du groupe Weight Watchers, c’était sur la chaîne CNBC.

"Il y a des influenceurs qui ont de l’impact et ce qui a été sympa cet été, c’est qu’avec nos influenceurs, nous avons élargi notre clientèle. Plus de jeunes, plus d’hommes, cette diversification est importante pour nous permettre de grandir".

Les entreprises ont donc bien compris le potentiel de certains influenceurs sur les réseaux sociaux. Ce potentiel explique pourquoi une PME belge comme Bivolino, qui propose des chemises sur mesure, s’est tout doucement éloignée de la publicité traditionnelle.

Carine Moitier cofondatrice de cette marque explique la stratégie: "Avant, on se concentrait effectivement beaucoup plus sur une publicité plus classique en ligne, mais avec l’arrivée de tous les réseaux sociaux depuis quelques années, ces influenceurs sont arrivés eux aussi et font partie de l’écosystème, et par conséquent c’est un nouvel univers qui s’offre à nous pour mettre en avant la créativité qui n’était pas possible avant".

Une situation floue

Les sociétés qui investissent désormais dans des influenceurs ne renoncent pas forcément aux outils marketing classiques. La pub en ligne ou bien dans les médias traditionnels reste souvent un élément clé de leur communication extérieure.

Et, si on regarde les choses du point de vue du consommateur on peut se demander est-ce que ce rôle commercial des influenceurs est transparent ? est-ce que ça apparaît clairement comme de la pub ?

La réponse est souvent non, et c’est bien un problème. L’Union belge des annonceurs reconnaît d’ailleurs clairement que pour le consommateur, il n’est pas toujours évident de savoir si les influenceurs expriment leur propre avis en toute liberté ou celui d’une marque, et surtout s’ils sont rémunérés ou pas pour leur avis.

Quelles règles a respecter ?

Pour le moment, c’est un peu flou. Le secteur attend en fait que le ministre de l’Économie publie un document qui fixerait des règles pour les entreprises et pour les influenceurs, avec finalement au bout du compte un mot clé : transparence. Le caractère commercial de la communication doit être clairement identifiable. La marque doit aussi être clairement identifiable, par exemple au travers d’un hashtag tout simplement.

Un phénomène en augmentation constante

Le phénomène prend de l’ampleur chez nous. Nous avons rencontré Claire qui reçoit des dizaines de propositions toutes les semaines pour vanter les mérites de tel ou tel produit. Elle a 140 000 suiveurs, followers, sur Instagram. "Je suis connectée tout le temps, je suis toujours au taquet pour proposer des nouvelles choses à mes lecteurs. Donc, moi je poste en moyenne une à deux photos sur Instagram, des Instagram stories tout au long de la journée pour montrer les backstage de ma vie de blogueuse, et sur le blog et sur YouTube, une à deux fois par semaine, ça dépend des moments de l’année".

 

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