Industrie: les Wallons ne sont pas encore assez proactifs selon J. Stéphenne

Jean Stéphenne, ancien patron de GSK
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Jean Stéphenne, ancien patron de GSK - © Archive Belga/VIRGINIE LEFOUR

Améliorer la formation des jeunes, modifier le système d'indexation automatique des salaires, protéger les entreprises européennes par rapport aux grands pays d'Asie et surtout être plus proactifs: ce sont quelques-unes des recettes prônées par l'ancien patron de GSK Belgique Jean Stéphenne pour assurer un avenir à l'industrie en Belgique.

La RTBF s’interroge ce mercredi sur l’avenir des grosses industries pourvoyeuses d’emploi en Belgique et il est intéressant d’avoir l’avis de l’ancien patron de GSK Belgique Jean Stéphenne. En Belgique 20% des emplois sont pourvus par l’industrie et la construction ; l’Allemagne où ce taux est à 27% et la Suisse, avec un ratio de 30%, montrent que notre pays peut encore progresser dans cette voie industrielle selon lui. Au micro de Bertrand Henne, Jean Stéphenne prône une reconversion de l’industrie classique vers de secteurs plus spécialisés : "Demain il sera difficile de fabriquer des autos en Belgique. Par contre on sait que le déficit en énergie sera très important dans le futur, donc celui qui trouvera des moyens technologiques pour économiser l’énergie dans les voitures peut réussir".

De manière plus générale, puisque le monde surpeuplé de demain "aura comme défis l’énergie, l’eau, la nourriture et la santé, la Belgique doit s’insérer là-dedans et trouver les créneaux où elle est forte. Le problème belge est l’absence de filière complète, à l’exception de la pharmacie" poursuit Jean Stéphenne. Concernant le chômage qui touche principalement les personnes peu formées, "une des faiblesses de la Belgique est de ne pas avoir implémenté la formation en alternance comme dans les pays scandinave ou en Allemagne. Il faut revaloriser le travail manuel : grâce à la robotisation et aux nouvelles technologies ce n’est plus un travail aussi pénible comme on le connaissant il y a 20 ou 30 ans" précise Jean Stéphenne.

Indexation automatique

La Belgique a toujours été bien classée sur le plan de la productivité explique l’ancien patron de GSK mais le coût salarial des ouvriers est un handicap pour les entreprises belges. Et, "dans une crise économique, l’indexation automatique n’aide pas du tout. Le système ne peut pas rester comme tel. Ce n’est pas logique d’indexer un salaire plus élevé par contre il faut préserver le pouvoir d’achat des personnes à bas revenus" selon lui.

Pour Jean Stéphenne, les Européens "devraient définir avec les grands pays d’Asie, comme l’Inde ou la Chine, une politique qui protège l’industrie européenne, mais qui permette aussi à l’industrie européenne de pénétrer ces marchés. L’Europe doit avoir une politique raisonnable, mais pas protectionniste".

"Celui qui réussit, c’est celui qui voit les changements technologiques et les changements dans l’économie mondiale. Les Wallons ne doivent pas être que réactifs, ils ne sont pas encore assez proactifs" conclut-il.

A.L. avec B. Henne

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