Imprimer des fusées en 3D, un nouveau gros pari de la Silicon Valley

Tim Ellis, cofondateur et directeur général de Relativity Space
Tim Ellis, cofondateur et directeur général de Relativity Space - © HO

Tim Ellis, le jeune fondateur de Relativity Space est-il le prochain Elon Musk ? 

La société qu'il a cofondée en décembre 2015 avec comme vision de lancer des fusées entièrement imprimées en 3D est passée en un an de 14 à 80 salariés, et recrutera 40 autres personnes cette année.

A 28 ans, Tim Ellis a débauché plusieurs vétérans de l'industrie, dont de SpaceX, le leader du marché américain des lancements fondé par Elon Musk. Relativity Space a levé 45 millions de dollars à ce jour. L'opérateur Telesat vient de lui confier le lancement d'une partie de sa future constellation 5G. L'armée américaine lui a accordé un pas de tir à Cap Canaveral.

Et Tim Ellis, qui il y a six ans était encore en master d'ingénierie aérospatiale à l'Université de Californie du Sud, siège dans une instance du Conseil national de l'espace de la Maison Blanche, avec d'anciens astronautes et les patrons des plus grands groupes aérospatiaux américains.

Relativity Space, basée comme SpaceX à Los Angeles, a imprimé à ce jour 9 moteurs et trois seconds étages en aluminium de son modèle de fusée, baptisée Terran 1, dont le premier vol d'essai est programmé pour la fin 2020.

Petits satellites

Avec ses grands robots d'impression 3D, la start-up affirme diviser par 100 le nombre de pièces par rapport à une fusée traditionnelle. "Nous ne sommes experts que dans deux ou trois processus", fait valoir Tim Ellis, au lieu d'avoir à gérer une grande chaîne logistique et des dizaines ou centaines de fournisseurs. "C'est beaucoup plus simple".

Seuls les systèmes électroniques ne sont pas imprimés.

"C'est beaucoup moins cher car l'automatisation réduit les coûts de main-d'oeuvre", dit l'ingénieur, qui facturera 10 millions de dollars le lancement, du moins au début.

"C'est aussi plus flexible" : à terme, Relativity Space voudra adapter la taille de la coiffe de ses fusées aux clients individuels, en fonction de la taille de leur satellite.

La rapidité est l'autre avantage : "60 jours des matières premières au lancement", promet Tim Ellis.

Si Relativity Space réussissait cette prouesse, ce qu'elle n'a pas encore prouvé, elle révolutionnerait l'industrie du lancement. Aujourd'hui, un opérateur de satellite peut attendre des années avant d'avoir une place dans les grosses fusées d'Arianespace ou de SpaceX.

La Terran 1 sera dix fois plus petite que la Falcon 9 de SpaceX, capable de placer 1250 kg en orbite très basse (185 kilomètres d'altitude). Cela pourrait convenir pour des constellations de mini-satellites de télécommunications ou d'imagerie de la Terre, mais aussi pour l'un des plus gros clients de l'espace : l'armée américaine.

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