Immobilier belge surévalué: les prix vont-ils s'écrouler? Faut-il vendre?

Immobilier belge surévalué: les prix vont-ils s'écrouler? Faut-il vendre?
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Comme le relevait Le Soir ce jeudi, le marché immobilier belge serait surévalué de 49%, soit l'un des taux les plus élevés au monde, selon des donnée de l'OCDE. Faut-il en conclure qu’une bulle peut exploser à tout moment? Faut-il vendre vite avant que le marché ne corrige cette surévaluation ? Voici ce qu'en pense un expert.

L'OCDE se basait entre autres sur le rapport entre l’évolution du prix des logements et celui des revenus. La Belgique se situe nettement au-dessus de la moyenne, avec une distorsion de 49% en faveur des prix de la brique par rapport aux salaires. Et lorsque l'on s'intéresse au rapport entre les prix d’achat de l’immobilier et les loyers, l'écart atteint carrément 63%.

Dès lors, faut-il en conclure que ce marché de l’immobilier surévalué va forcément se tasser et subir une correction? "Il y a toujours un moment ou le vendeur doit adapter son prix à ce que peut offrir l’acheteur", explique Marc Van Beneden, notaire associé chez Notalex. "Mais dire que le marché est surévalué de 49% n’a aucun sens", précise-t-il. "Balancer un tel chiffre laisse entendre qu’il y a une surchauffe comme on a pu en connaître en Espagne ou aux Etats-Unis, ce qui n’est absolument pas le cas", assure-t-il.

"En plus, dans un marché aussi petit que la Belgique, il y a déjà des différences énormes entre les différentes villes et les régions, pratiquement chaque situation est singulière, un chiffre global ne permet pas de les appréhender", poursuit notre interlocuteur.

Certes, il constate une certaine stagnation dans certaines gammes de prix (plutôt les biens à prix élevés, autour du million d'euros) mais pour ce qui concerne "80 à 90%" de sa clientèle, cela reste de jeunes acquéreurs qui achètent un bien pour l’habiter. "Or, ce qu’ils regardent, ce n’est pas le prix nominal du bien mais bien ce qu’ils devront rembourser chaque mois". Et en la matière, les taux étant bas en ce moment, les candidats acquéreurs peuvent se permettre d’acheter des biens un peu plus chers à la base, selon lui.

"Certes, si les taux repartent à la hausse, il faudra un réalignement des prix des biens mais bon, il ne faut pas avoir fait de grandes études pour arriver à cette conclusion", ironise Marc Van Beneden.  

D’après ce dernier, ce n’est pas la peine de paniquer et de dire aux propriétaires de vendre vite avant un hypothétique réalignement. Ni, a contrario, aux potentiels acheteurs, d’être patients en vue d’un putatif effondrement des prix. "Si vous vous retrouvez dans un marché avec des prix plus bas mais des taux plus hauts, vous risquez de payer autant voire plus par mois en remboursement" et "en tant que vendeur, cela fait vingt ans que j’entends parler d’un écroulement futur qui ne vient pas. L’immobilier finit toujours par s’avérer un bon investissement, il faut juste parfois attendre plus longtemps pour réaliser une plus–value". 

Julien Vlassenbroek (@julienvlass)

 

 

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