Il est temps de réduire drastiquement les subventions aux énergies fossiles

Parfois depuis les années soixante ou septante, certains gouvernements subventionnent les énergies fossiles. Or la plupart de ces mesures n'ont plus  beaucoup de sens aujourd'hui.
Parfois depuis les années soixante ou septante, certains gouvernements subventionnent les énergies fossiles. Or la plupart de ces mesures n'ont plus beaucoup de sens aujourd'hui. - © Tous droits réservés

Le soutien aux énergies fossiles, essentiellement le pétrole, le gaz et le charbon, est beaucoup trop important dans le monde. C'est le message du rapport 2015 de l'OCDE sur les combustibles fossiles. La conclusion est évidente: la réduction des mesures soutien est indispensable pour combattre le changement climatique.

Ce n'est évidemment pas un hasard que l'OCDE publie ce rapport alors que les temps forts se succèdent comme le sommet de l'ONU sur le développement durable qui vient de se tenir à New York et la conférence sur le climat qui aura lieu à Paris en décembre.

L'OCDE a recensé près de 800 mesures de soutien dans les 34 pays membres et les six grandes économies émergentes. Ensemble, ces 40 pays dépensent quasiment le double du montant nécessaire pour atteindre les objectifs 2020 de la lutte contre le changement climatique, un montant de 100 milliards d'euros.

Double jeu ?

Cela veut-il dire que ces pays jouent une sorte de double jeu ? Il y a un peu de cela, mais c'est plus compliqué. Beaucoup des mesures de soutien aux énergies fossiles sont anciennes. Les explications de Jehan Sauvage, c'est un des auteurs du rapport de l'OCDE : " On observe beaucoup d’inertie dans les politique. La plupart des mesures que nous répertorions ont été introduites bien avant l’an 2000, parfois même dans les années soixante-dix, voire soixante persistent aujourd’hui. On dit en France que dans chaque niche fiscale, il y a un chien qui mord. C’est facile d’introduire une concession fiscale, c’est beaucoup plus dur de la retirer. Par exemple aux Etats-Unis, certaines des mesures ont été introduites dans les années soixante-dix quand il y avait l’embargo arabe ". Aujourd’hui ces mesures sont tellement ancrées dans le système qu'elles sont difficiles à supprimer.

Un effet pétrole ?

Les Etats ne pourraient-il pas profiter des prix très bas du pétrole pour éliminer un certain nombre de mesures? C'est effectivement une fenêtre d'opportunité, mais elle est à double tranchant. Certains gouvernements, plus en Asie qu'en Europe, on réformé le soutien à la consommation de pétrole. Par contre le pétrole peut cher n'encourage pas à moins consommer.

Sans oublier que le secteur est sous pression et fait pression pour recevoir du soutien.

Des pistes de solution?

Selon le rapport de l’OCDE, qui est le troisième sur le sujet, toutes les mesures ne sont pas à jeter, mais un inventaire s'impose. Jean Sauvage : " Il est temps de regarder ces mesures et de réflechir à deux fois en se disant : ont-elles toujours du sens dans un contexte aujourd’hui très différent. N’y a-t-il pas d’autres moyens d’atteindre les objectifs visé par ces mesures ? Par exemple, n’existe-t-il pas des moyens plus intelligents pour aider les ménages à bas revenus que de subventionner leur consommation d’énergie ? Ne pourrait-on pas améliorer la redistribution de l’impôt sur le revenu ou les transferts sociaux ou encore augmenter les investissements dans la santé ou l’éducation ? ". C’est clair un solide nettoyage s'impose!

Une note optimiste pour terminer: des progrès récents ont permis une première réduction des mesures de soutien aux énergies fossile, mais il faudra aller beaucoup plus loin.

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