IBM délocalise des activités, sous-traitées pour la SNCF, Pépy relativise

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Le logo IBM - © Odd Andersen

L'américain IBM a entrepris de délocaliser en Europe de l'Est des activités de fonctionnement des logiciels de la SNCF, jusqu'ici réalisées en France, mais le patron de la SNCF a relativisé jeudi le nombre de ces délocalisations au regard des emplois générés par l'entreprise publique en France.

Le contrat emporté récemment par IBM était jusqu'à présent assuré par la société française de services informatiques Steria, dont les salariés étaient détachés dans les locaux de la SNCF et travaillaient aux côtés des cheminots informaticiens.

Le pilotage de l'informatique du service des ressources humaines sera pour sa part transféré dans une filiale espagnole du groupe français Sopra.

Selon Hervé Giudici, secrétaire général de l'Union fédérale des cadres, 260 emplois de sous-traitants vont être supprimés et 45 postes de cheminots non remplacés. Il craint 500 emplois d'ici 2013.

"On est en train de parler de 150 postes (ndlr, récemment délocalisés) alors que la SNCF, c'est 400.000 emplois en France. Donc, c'est tout à fait marginal", a déclaré à l'AFP le président de la SNCF Guillaume Pepy.

"Il y a effectivement 150 postes toujours de sous-traitance informatique qui se trouvent dans d'autres pays d'Europe (République Tchèque, ndlr), quelques-uns en Espagne, quelques uns en Pologne et ces emplois-là sont des emplois de nos sous-traitants", a dit M. Pepy.

"Il faut savoir que la SNCF avec tout ce qu'elle achète chaque année c'est plus de 400.000 emplois en France et on a un motif de fierté particulier en 2012 c'est que la SNCF embauche plus de 10.000 jeunes même pendant la période de crise", fait-il valoir évoquant les embauches au niveau du groupe.

Pour le ministre du Travail Michel Sapin, "la SNCF ne délocalise absolument rien du tout". M. Pépy "a dit tout ce qu'il fallait dire: le nombre d'emplois que, grâce à la SNCF, on offre aux jeunes Français" et "on ne va pas aller vérifier à 10 unités près ce qui se passe (...) "derrière" le marché passé avec IBM, a-t-il déclaré à BFM-TV.

La seule entreprise historique SNCF compte plus de 150.000 cheminots; le groupe SNCF a atteint 246.000 personnes en 2011.

Environ 2.200 cheminots et 2.500 salariés sous-traitants travaillent pour les services informatiques de la SNCF, notamment en matière de réservations, d'affichage en gare et de sécurité de circulation des trains, selon la CGT.

La sous-traitance atteint aujourd'hui 54% de tous les systèmes d'information, selon le syndicat.

Les syndicats ont exprimé leur opposition à cette démarche de filialisation et de délocalisation.

Pour M. Giudici, "IBM re-rentre par la fenêtre et donne à la SNCF la possibilité d'externaliser avec des conséquences "graves pour l'emploi".

"La SNCF agit sur le coût du travail en délocalisation, or c'est une entreprise publique dont l'Etat est l'unique propriétaire. La SNCF est toujours dans la feuille de route de Nicolas Sarkozy", a-t-il déclaré en demandant "la réinternalisation" des emplois pour éviter une "fuite" des savoir-faire.

"De manière assumée et délibérée, la SNCF passe un contrat avec IBM pour délocaliser", affirme pour sa part Sébastien Gillet, représentant de SUD. "Faire piloter des installations (...) en France par des Polonais et des Tchèques, avec tous les problèmes de communication que cela induit, est une aberration", selon lui.


AFP
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