I boycott: plateforme citoyenne pour le changement participatif

"Un contre-pouvoir citoyen qui instaure un dialogue entre les consommateurs et les entreprises", voilà l'objectif d'I Boycott. Cette plateforme mobilise les jeunes et les moins jeunes en leur proposant d'agir en un simple clic. Depuis leur PC ou smartphone, les consommateurs deviennent des acteurs de leur vie. Les entreprises, elles, sont amenées à prendre des décisions pour plus de responsabilité environnementale et sociétale. 

"Nous voulons être des consomm'acteurs éveillés, participatifs", explique Rodrigue. À 25 ans, il devient le responsable de l'antenne belge d'I boycott. "Nous sommes consommateurs. On ne se dit pas qu'on ne va plus consommer du jour au lendemain, mais on essaye d'influencer. Et qu'est-ce qui influence les entreprises ? C'est l'argent ! C'est la consommation ! Si on ne consomme plus ses produits, l'entreprise peut être en danger. Etre consommateur participatif c'est essayer de changer la société, essayer d'influencer le comportement des grandes sociétés ou des petites sociétés qui produisent en ayant des impacts sur la santé humaine et sur l'environnement. C'est un boycott bienveillant, c'est-à-dire qu'on mène des actions individuelles pour essayer de changer le comportement des entreprises avec notre pouvoir d'achat sur notre consommation, essayer d'éveiller, de dire 'écoutez votre manière d'agir, votre manière de produire, on n'est pas d'accord, on décide peut-être de ne plus acheter vos produits', ça éveille les entreprises."

Simon, 32 ans, vient de rejoindre l'équipe. Il est ravi. "Seul dans son coin, on n'a pas vraiment un énorme impact, explique-t-il. Je peux dire : 'Oui je boycotte les produits d'Apple, mais voilà, ça fait juste une personne en moins et çà n'a pas d'impact visible'"

Quand une action individuelle devient collective

Le principe de la plateforme, ouverte et gratuite, est simple. Tous les citoyens ou associations peuvent participer à des campagnes de boycotts en créant simplement un compte. Lorsqu'un nombre suffisant de personnes contestent un produit, la plateforme informe l'entreprise concernée par la campagne en cours. Elle dispose alors d'un droit de réponse. Pour convaincre, l'entreprise devra fournir des garanties suffisantes aux revendications formulées par les "boycottants". Ceux-ci décideront alors de manière individuelle et au moyen d'un vote s'ils maintiennent leur action. Les consomm'acteurs peuvent aussi proposer une alternative aux produits concernés par la campagne, c'est ce que l'on appelle la boycott. Pour les fondateurs du site, il s'agit tout simplement "d'une démocratie dans l'économie".

Les thèmes des campagnes sont variés. Cela va du boycott des œufs de poules élevés en cage dans nos aliments, aux actions contre les géants Starbucks et Apple accusés d'optimisation fiscale, au coup de gueule contre la marque Oasis partenaire du cirque Pinder accusé de détenir des animaux esclaves, etc.

180.429 consom'acteurs, 1015 adhérents

Les adhérents ont entre 18 et 72 ans. Ils ne sont pas tous jeunes et geek, mais un même sentiment d'injustice les anime.

Ségolène, 25 ans, vient de rejoindre l'antenne belge consciente, après 2 ans dans la vie active, que quelque chose ne va pas. "J'ai toujours eu envie de m'investir, de faire quelque chose. Alors quand j'apprends qu'Apple se fait de l'argent sur notre dos... Nous, on paye nos impôts et les grandes entreprises comme celle-là devraient aussi payer leurs impôts."

Un discours partagé par Charly, 27 ans, aujourd'hui pilier de la plateforme. C'est lui qui monte au créneau, entre dans les entreprise pour discuter, négocier. Comme ce samedi 1er décembre avec le responsable de la boutique Apple de Bruxelles. "Aujourd'hui Apple a capitalisé 260 milliards d'euros ! C'est ce qu'ils ont de côté. On estime qu'avec un peu d'argent de côté, on peut faire plus de choses que mettre un magasin sous énergie verte. L'idée après c'est de les faire évoluer, on a déjà fait évoluer 6 marques. Celle-ci est un peu plus grosse que les autres. On lâche rien et on fait en sorte qu'ils finissent pas répondre. Apple représente énormément de téléphones, de pollution, d'optimisation fiscale. Donc effectivement on essaye de taper sur le gros pour avoir le plus de résultats possibles, cela envoie aussi un message aux autres fabriquants qui feraient pareil."

Pas d'agressivité, de destruction de bien, les boycotteurs se veulent bienveillants. Leur souhait construire un dialogue. Une démarche naïve pourraient penser certains, mais elle a le mérite d'exister.

>>> A voir dans l'émission "EuropeS", ce dimanche 16 décembre sur La Trois à 23h20.

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