Huawei Belgique en opération séduction : "rien n'a changé pour le consommateur"

Non, non, rien n’a changé (air connu). Rien n’aurait changé, depuis un mois – depuis que Huawei, le 19 mai dernier, a été placé sur la liste noire des entreprises avec lesquelles les boîtes américaines ne peuvent plus commercer. Raison invoquée par l’administration Trump : Huawei se livrerait à de l’espionnage. Ce qui place l’équipementier télécoms et fabricant de smartphones en position commercialement délicate. Par exemple pour les services de Google ou les puces d’Intel. Mais la direction de la branche belge du groupe l’assure, tous les smartphones actuels auront leurs mises à jour et correctifs de sécurité Android – "pour toujours".

"Pas de conséquence réelle sur nos affaires"

Ce matin, c’est donc à un exercice de communication, que Huawei Belgique s’est livré. Petit café, petit-déjeuner, poignée de main détendue avec un directeur opérationnel souriant. Huawei avait manifestement quelque chose à nous dire. "La situation actuelle, méritait que le consommateur en soit informé", comprenez rassuré, explique Wilson Hu, CEO de Huawei Belgique. "Qu’est-ce qui est arrivé à Huwaei ? Nous voulions partager cela avec les parties prenantes".

Et quelle est la situation ? "Rien n’a changé", lance Wilson Hu, "et il n’y a pas de conséquence réelle sur nos affaires. C’est vraiment une bonne nouvelle. Peut-être concernant quelques-uns des composants, nous allons devoir agir. Soit nous diriger vers un plan B" – changer de fournisseurs, ou bien "nous utiliserons notre stock actuel de composants pour continuer nos activités"Et Huawei de confirmer que, pour la plupart des composants utilisés, comme les puces électroniques, des fournisseurs alternatifs aux fournisseurs américains ont déjà été trouvés, et pourraient combler ce que Huawei n’arriverait pas à produire en interne.

Effet "minime" sur les ventes

La chute évoquée de 40% des ventes de smartphones Huawei au niveau international, n’aurait été en Belgique, qu’un léger tassement temporaire de la croissance des ventes – dont nous n’aurons pas la substance."Peut-être qu’il y a un impact mineur, peut-être", nous dit le directeur général, "mais la tendance est à une croissance très rapide des ventes en Belgique". Une croissance annuelle estimée à 20% ces dernières années, par l’entreprise, qui souligne que l’Europe est son marché premium et son deuxième plus grand marché – derrière son marché domestique, la Chine.

Concernant les craintes de ces fameux consommateurs à rassurer : "Nous avons un accord avec Google. Pour tous les appareils actuels, il n’y a pas d’impact. Le système (d’exploitation, Android) continuera, les mises à jour continueront et toutes les applications pourront être utilisées, pour toujours. Pas de problème".

Si Google arrête sa relation avec Huawei, nous avons un plan B

Reste que la pérennité commerciale de Huawei dépend de ce qu’il adviendra de ses futurs smartphones. Faute de licence d’exploitation d’Android dans le chef du fabricant, ce sont toutes les applications Google qui seraient potentiellement inaccessibles aux (futurs) utilisateurs : Gmail, Youtube, Maps, Chrome, Drive…"Concernant les devices, nous voudrions continuer à coopérer avec Google. S’ils arrêtent leur relation avec Huawei, nous avons un plan B. Mais à ce stade, nous n’avons pas d’information détaillée à ce sujet".

Huawei est l’entreprise la plus ouverte et la plus transparente du monde (sic)

Exercice délicat de communication, que celui réalisé par Huawei, au sein de son Cyber Security Transparency Center. Mais la direction avait averti, en préambule : "Nous ne serons peut-être pas en mesure de répondre à toutes vos questions". De là à affirmer, comme l’a fait Bob Xie, directeur du Centre précité, que Huawei serait "l’entreprise la plus ouverte et la plus transparente du monde" (sic), il y a de la marge. Le problème, c’est que vouloir montrer patte blanche et ne dévoiler qu’une demi-patte, cela n’inspire pas nécessairement confiance.

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