Honoraires des spécialistes en hôpitaux: plus chers au nord du pays

Grosses différences entre la Flandre et la Wallonie
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Grosses différences entre la Flandre et la Wallonie - © RTBF - source : KCE

Pour la première fois, une étude dévoile des chiffres précis pour les prestations des médecins spécialistes dans les hôpitaux. Avec des éléments flagrants, comme la différence de salaire pour un même spécialiste du nord et du sud du pays ou encore l'écart de revenus selon les spécialités des médecins.

Le voile est levé sur ce que gagnent chirurgiens, gynécologues et autres neurologues. De prime abord, une chose frappe : l'énorme disparité entre les différentes spécialités. Le mieux loti, c'est le néphrologue, spécialiste du rein, avec plus de 425 000 euros brut par an, il est le spécialiste qui gagne en moyenne le plus Il est suivi par le biologiste et le radiologue. En bas du classement, on trouve le pneumologue, l'oncologue et le neurologue, qui gagne deux fois moins qu'un néphrologue.

Raf Mertens, directeur général du Centre fédéral d’expertise des soins de santé, explique cette différence à la RTBF : "Il y a des appareils techniques que certains peuvent mobiliser pour faire des prestations, la radiologie ou la biologie clinique par exemple. C’est assez clair que le remboursement d’examens techniques à l’aide d’équipements médicaux permet de générer pas mal d’honoraires. Alors que d’autres, qui font des consultations au fil de la journée, n’ont pas cette opportunité".

Sur une journée, un pédiatre effectuera, par exemple, principalement des consultations, c'est-à-dire un nombre moins important de prestations que le radiologue, qui effectue surtout des actes techniques, plus nombreux, et qui seront chacun facturés.

Deux fois plus en Flandre qu'en Wallonie

Tous les spécialistes ne sont donc pas logés à la même enseigne, surtout en fonction du fait qu'ils travaillent au nord ou au sud du pays. Ainsi, un néphrologue et un cardiologue flamands gagneront au moins le double de leurs homologues wallons, comme le précise Raf Mertens: "Au niveau de la Flandre, le nombre de prestations par demi-journée par médecin est plus élevé. Au niveau de la Wallonie, certains hôpitaux en difficultés financières prélèvent plus sur les honoraires des médecins, pour assurer un équilibre financier à l’établissement".

Les différences sont donc surtout liées au nombre d'actes effectués par le spécialiste. Le patient ne paiera pas forcément plus cher en Flandre qu'en Wallonie.

ABSYM : il ne faut pas "salariser" les honoraires

Pour Jacques De Toeuf, vice-président de l’ABSYM (Association belge des syndicats médicaux), ces disparités ne sont pas du tout étonnantes : "Il y a plus de médecins en francophonie qu’en Flandre, dans toutes les spécialités, pour une population desservie qui est moins importante. Les recettes sont donc forcément plus élevées par médecin au nord du pays qu’au sud, puisqu’on traite plus de malades avec moins de médecins. Par ailleurs, de tradition historique, les prélèvements sont plus élevés du côté wallon et bruxellois que du côté flamand".

Jacques De Toeuf ajoute qu’il faut tenir compte du niveau de solvabilité de la population, différent entre le nord et le sud du pays : "Si vous comparez Charleroi et Anvers, le nombre d’infarctus myocardique est deux fois plus élevé à Charleroi qu’à Anvers. C’est un élément social".

Pour Jacques De Toeuf, il ne faut pas "barémiser" les honoraires, ce qui reviendrait à fixer un revenu horaire : "On a fait des simulations à ce sujet. Barémiser reviendrait à salariser et le coût pour l’assurance-maladie de la barémisation du personnel médical hospitalier serait impayable".

RTBF

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