Héritage, testament: plus de liberté pour décider à qui on lègue

Depuis le début du mois de septembre, il est plus facile de planifier sa succession: décider, à l'avance, qui reçoit quoi pour éviter les conflits familiaux. Après un décès, les héritiers (les enfants s'il y en a) reçoivent d'office une partie de l'héritage. Auparavant, cette part qui leur était automatiquement réservée augmentait avec le nombre d'enfants, jusqu'à trois quarts de l'héritage. Désormais cette "réserve" n'est plus que de la moitié au maximum. L'autre moitié, la part de l'héritage sur laquelle il y a une marge de manœuvre, est donc plus importante qu'avant. Vous êtes plus libre de décider.

Et pour cette autre moitié "libre", si c'est bien précisé du vivant dans un testament, on peut léguer à qui l'on veut: à ses enfants (pour qu'ils touchent l'entièreté de l'héritage, leur moitié réservée plus la deuxième moitié), à ses beaux-enfants qu'on a élevé comme ses propres enfants, à des bonnes œuvres, à des proches.

Préparer de son vivant pour éviter les conflits

Autre nouveauté: on peut désormais se mettre d'accord, devant un notaire, entre parents et enfants sur l'héritage. Prenons un exemple: des parents payent de coûteuses études de pilote d'avion à leur fille, ils offrent, en contrepartie, un appartement de la même valeur à leur fils. Avant, l'appartement était considéré comme une avance sur héritage et déduite de la part à laquelle avait droit le fils pour assurer l'égalité avec sa sœur, les études n'étaient pas prise en compte dans le calcul.

Désormais, si c'est convenu dans un "pacte successoral", parents et enfants peuvent se mettre d'accord sur le fait que les études valent l'appartement et que les deux enfants seront sur un pied d'égalité au moment d'hériter. Ces conventions étaient nulles et non avenues auparavant.

Si rien n'est prévu, les enfants héritent

Il n'y a aucune obligation à préparer sa succession. Si rien n'est anticipé du vivant, si un parent meurt inopinément,... c'est la loi qui établit qui sont les héritiers. Lorsqu'il y en a, ce sont les enfants. Sinon les parents puis les frères et sœurs.