Hausse du prix du pétrole: faut-il craindre une augmentation du prix de l'essence et du diesel?

Des installations pétrolières en Arabie Saoudite ont été attaquées ce week-end par des drones - attaques revendiquées par les rebelles yéménites Houthis -, réduisant sa production de moitié. Moins 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l'approvisionnement mondial. 

Résultat: les prix du pétrole brut ont bondi lundi de 10% sur les marchés. La hausse va-t-elle perdurer ? Cela dépendra des événements des prochains jours, selon Philippe Ledent, économiste chez ING. "L’Arabie va tenter d’assurer la production, s’ils ne veulent pas que les prix s’envolent. Et puis ils vont vouloir prouver que les installations sont protégées. Il faudra tenir à l’œil la réaction géopolitique à cette agression, qui pourra générer une prime de risques dans les jours à venir sur le prix du produit brut". Autrement dit, même si l'offre de barils revient rapidement à la normale, les marchés, inquiets de l'instabilité, pourraient pousser le prix à la hausse.

En Belgique, le pétrole vient majoritairement de Russie

Faut-il craindre une répercussion en Belgique ? Oui, selon la fédération des négociants de carburants Brafco, mais "a priori, l'impact ne sera pas catastrophique". 

Il ne faut en tout cas pas craindre de pénurie, explique Jean-Benoît Schrans de la Fédération pétrolière belge. "Nous avons des stocks stratégique à utiliser en cas de crise ou de pénurie. Et la Belgique exporte depuis de nombreux pays : 17% vient d’Arabie Saoudite, mais 39% vient de Russie".

Quant au prix à la pompe, il explique qu'il dépend de nombreux facteurs. Il est difficile de dire aujourd'hui quel sera l'impact en Belgique. 

Des seuils ont été intégrés dans le calcul des prix maximum à la pompe en Belgique et les fortes hausses sont lissées. "Les augmentations de prix à la pompe ne seront donc perceptibles que plus tard cette semaine, jeudi ou vendredi", anticipe Johan Mattart, de la Brafco.

De quoi est composé le prix à la pompe ?

En Belgique, le prix à la pompe ne dépend pas entièrement du prix du baril de pétrole. Il est en effet composé de nombreux éléments:

  • Le prix du produit " ex- raffinerie ", coût du produit pétrolier, qui, lui est directement influencé par la disponibilité des produits pétroliers, la situation géopolitique etc. C’est lui qui a augmenté suite à l’attaque de drones.
  • La marge brute maximale de distribution : c’est la marge qui couvre les frais de distribution des produits des raffineries jusqu’aux consommateurs (transport, stockage, frais de marketing…)
  • La cotisation APETRA (agence de pétrole), destinée à financer les stocks stratégiques de pétrole en Belgique
  • Les taxes : les accises et la TVA. Les accises sont fixées par l’Etat. Elles représentaient, au 16 avril 2019, 39% du prix. La TVA équivaut à 21% en plus, calculé sur le prix additionné de tous les éléments précédents (et donc aussi les accises).

Ainsi, en septembre 2019, le prix maximum de l'essence 95 RON, E10 est de 1,46 euro/litre, dont, selon la Fédération pétrolière de Belgique:

  • 0,6002 d’accises (41,11%)
  • 0,4197 de prix du produit (28,75%)
  • 0,2535 de TVA (17,36%)
  • 0,0078 de cotisation Apetra (0,53%)
  • 0,1789 de marge et coûts de distribution (12,25%)
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