Grève du rail: HR Rail refuse le préavis de la CGSP pour ce vendredi

La direction a dit ne pas pouvoir accepter le retrait demandé de la circulaire informant le personnel du nouveau calcul des jours de crédit.
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La direction a dit ne pas pouvoir accepter le retrait demandé de la circulaire informant le personnel du nouveau calcul des jours de crédit. - © THIERRY ROGE - BELGA

HR Rail, l'employeur juridique du personnel de la SNCB et d'Infrabel, n'a pas accepté le préavis de grève introduit ce mardi par la CGSP Cheminots pour la période allant du jeudi 2 juin à 22 heures au vendredi 3 juin même heure. Les travailleurs grévistes se trouveront, le cas échéant, en absence non-justifiée.

L'aile flamande de la CGSP Cheminots, l'ACOD Spoor, a donc suspendu le préavis de grève dans "l'attente d'une enquête juridique" et a informé ses membres que la grève ne serait pas couverte.

L'aile francophone du syndicat socialiste l'a quant à elle, malgré tout, maintenu et couvrira bien le mouvement, a-t-on appris de source syndicale. Le président de la CGSP Cheminots, Michel Abdissi, tente de trouver une solution à cet imbroglio.

La CGSP Cheminots avait déposé un préavis de grève sur le rail pour ces mercredi, jeudi et vendredi. Sans pour autant les appeler officiellement à débrayer, la CSC Transcom avait pour sa part annoncé qu'elle couvrirait et indemniserait les cheminots jusqu'à vendredi au moins, avait indiqué ce mardi Marianne Lerouge, responsable du rail pour le syndicat chrétien.

HR Rail n'accepte pas ce préavis car elle estime que le délai de huit jours n'a pas été respecté. En outre, l'entreprise estime qu'il ne peut être fait appel à une mesure exceptionnelle pour prolonger l'actuel préavis de grève.

"Le contenu de ces préavis de grève ne se limite pas aux motifs du préavis de grève de la CGSP du 22 février. Ces motifs portent sur des mesures gouvernementales alors que les motifs de la CGSP Cheminots concernent des mesures internes aux chemins de fer belges", explique-t-on.

"C'est la goutte qui a fait déborder le vase"

Une réunion avec HR Rail est toujours bien prévue ce mercredi à 8 heures. Le personnel proteste notamment contre un changement dans le calcul de ses jours de crédit, sorte de jours de récupération.

"C'est la goutte qui a fait déborder le vase, mais notre mobilisation dépasse cette revendication", avait précisé plus tôt Philippe Dubois, secrétaire permanent de la CGSP Cheminots pour Bruxelles.

"Notre mobilisation s'inscrit dans le contexte plus général de l'augmentation de la productivité demandée aux cheminots. Le plan Galant prévoit une augmentation de 20% de la productivité en 5 ans, ça signifie 6000 emplois en moins", souligne Philippe Dubois.

Le syndicaliste insiste: "Je ne veux pas que le public pense qu'on se bat juste pour nos jours de congé".

Les travailleurs affiliés à la CSC seront quant à eux couverts et indemnisés par la CSC s'ils décident de faire grève, mais le syndicat n'appelle pas officiellement les cheminots à débrayer, contrairement à la CGSP.

"Retrait des punitions"

"Les revendications du front commun sont simples : le retrait de la circulaire (sur le temps de crédit, ndlr) et le retrait des punitions", affirme Marianne Lerouge.

Une réunion s'était déroulée lundi, mais n'avait pas abouti. La direction a dit ne pas pouvoir accepter le retrait demandé de la circulaire informant le personnel du nouveau calcul des jours de crédit (et donc la perte de certains d'entre eux). Elle a prévenu que les cheminots en grève depuis mercredi dernier seraient "punis".

"À partir du moment où la direction veut nous punir, c'est un bras de fer qui s'engage. C'est bien malheureux, nous sommes pour la paix sociale", affirme Philippe Dubois.

Le syndicaliste déplore également que la circulaire soit sortie au moment des examens des étudiants. "C'est une provocation. Normalement, elle devait rester au frigo, mais la direction l'a sortie de son chapeau. Ce qui explique la grève émotionnelle."

Même écho du côté de la CSC Transcom : "La direction aurait pu attendre que la justice tranche. Mais elle a choisi de diffuser sa circulaire maintenant, pendant les examens des étudiants".

En conséquence, les voyageurs doivent s'attendre à un trafic des trains à nouveau perturbée mercredi, indique la SNCB dans un communiqué mardi.

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