Grèce: la relance passe par les banques, dit Lucas Papademos

Le Premier ministre grec Lucas Papademos, à Athènes le 20 avril 2012
Le Premier ministre grec Lucas Papademos, à Athènes le 20 avril 2012 - © AFP / Louisa Gouliamaki

Le Premier ministre grec Lucas Papademos a qualifié vendredi de "décisive" la recapitalisation des banques du pays, qui devront ensuite "prendre leurs responsabilités" pour soutenir les entreprises étranglées par la crise.

"La condition décisive pour le financement de l'effort de développement est la réussite de l'opération de recapitalisation", a déclaré le Premier ministre à l'ouverture d'une conférence sur le soutien aux PME organisée par Athènes et la Commission européenne.

En mars, l'effacement d'environ 105 milliards d'euros de dette souveraine détenus par des créanciers privés, au premier rang desquels les banques commerciales du pays, ont entraîné pour les établissements concernés des pertes réelles de l'ordre de 70%.

Les banques grecques, dont les quatre principales doivent annoncer en fin d'après-midi des pertes record pour 2011, font donc face à un besoin urgent de liquidités.

Opération en deux temps

Pour lancer cette procédure de recapitalisation, la Grèce a reçu jeudi un premier versement de 25 milliards d'euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF) prévu dans le deuxième plan de soutien accordé mi-mars au pays par l'UE et le FMI.

"Ce montant est la première moitié des fonds disponibles" pour l'opération, qui doit être finalisée par le nouveau gouvernement attendu à l'issue des élections législatives du 6 mai, a relevé Lucas Papademos.

Ensuite, a-t-il déclaré, les banques devront "prendre la responsabilité de soutenir l'économie réelle" et "agir rapidement" pour financer les PME grecques qui emploient 85% des salariés du privé, contre une moyenne de 67% dans l'UE.

"Si les banques veulent un renforcement en capital, il faut qu'elles soutiennent le financement des entreprises, notamment les PME. Si les PME veulent des crédits bancaires, elles doivent protéger l'emploi", a insisté Lucas Papademos.

Il a reconnu que les réformes entreprises par la Grèce ne pourraient avoir d'effet positif immédiat et pourraient même, s'agissant des ajustements du marché du travail, "avoir des conséquences néfastes à court terme".


AFP

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