Grande-Bretagne: le conte de fée du jubilé terminé, retour aux réalités

Même au cœur de la fête, saluée par toute la presse comme un moment historique de joie et d'unité nationales, cette réalité n'a pas été totalement occultée.

Le prince Charles, dans un discours d'hommage à sa mère à la fin du concert géant lundi soir devant le palais de Buckingham, s'est dit conscient de l'étendue "des privations et difficultés" auxquels sont confrontés les Britanniques en ces temps d'austérité.

"Le jubilé de diamant est fini et on se retrouve dans un monde plus sombre et gris, fait de revirements gouvernementaux et de récession, plutôt que de fêtes de rues et de bonne humeur", regrettait de son côté mercredi le Daily Telegraph.

Esprit d'unité sur fond de récession

Défenseur acharné de la politique de rigueur, le Premier ministre David Cameron a quant à lui vanté l'effet bénéfique des festivités du jubilé sur l'économie comme sur la cohésion nationale. "Nous avons vu le pays se rassembler dans un esprit de fête et d'unité", s'est-il réjoui mardi.

Mais les analystes estiment que le jubilé aura un impact globalement négatif sur l'économie britannique, à un moment où celle-ci est déjà en récession. A cause du jour férié supplémentaire accordé pour l'occasion, en plus de celui qui figure traditionnellement au calendrier des "bank holidays" du printemps.

Selon les prévisions les plus pessimistes, cette pause prolongée pourrait pourtant coûter 4 milliards de livres (environ 5 milliards d'euros) au Produit intérieur brut (PIB) du pays.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, avait d'ailleurs prévenu en mai que le jubilé ne serait pas une bonne affaire, au niveau macroéconomique tout du moins.

Il avait estimé que l'arrêt de la production pendant les festivités contribuerait à une nouvelle baisse du PIB entre avril et juin, ce qui marquerait un 3e trimestre d'affilée de contraction de l'économie. Les jeux Olympiques de cet été devraient toutefois aider à redresser la situation.

La royauté bonne pour le moral, moins pour le portefeuille

La royauté n'est donc pas forcément positive pour l'économie, même si elle remonte le moral des Britanniques: selon les estimations, le mariage l'an dernier de Kate et William a fait chuter le PIB de 0,2 à 0,3 point, malgré la ruée dans les pubs et sur les souvenirs en tous genres.

Cette année, la pluie persistante a en partie gâché la fête et l'association représentant l'industrie du commerce de détail, le British Retail Consortium (BRC), ne cachait pas mercredi une certaine déception.

"Nous étions optimistes à l'approche du week-end et les affaires marchaient bien durant les préparatifs. Mais la pluie a un peu refroidi les esprits et il semble que beaucoup de monde soit finalement resté à la maison", a expliqué à l'AFP Sarah Cordey, une porte-parole de la BRC.

Les grands gagnants du jubilé ont malgré tout été les supermarchés, qui ont profité des achats de nourriture pour les "street parties" et des gagdets indispensables à leur réussite: la chaîne Tesco, la première du pays, aurait vendu 500 000 masques en carton à l'effigie de la famille royale.

De leur côté, les touristes semblent avoir été au rendez-vous, avec quatre millions de visiteurs venus à Londres pour l'occasion, de quoi rapporter 700 millions de livres à l'économie, selon Visit England, l'organisme chargé de promouvoir le tourisme en Angleterre.


Belga

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