Génération start-up: élever des grillons pour les manger

Little Food, est le plus gros élevage de grillons de Belgique. Lancé, notamment, par Maïté Mercier il y a quatre ans. Elle est l’invitée de Génération Startup. « Le grillon a énormément de vertus nutritionnelles, écologiques et économiques » explique Maïté Mercier. Le problème c’est que bien souvent la réaction spontanée des consommateurs est le dégoût face à l’idée de manger un insecte. « Avant de vendre, on a tout un travail de faire découvrir, convaincre, éduquer à ces nouveaux aliments chez nous, mais c’est très culturel. En Asie, en Afrique, en Amérique du Sud, c’est normal. En fait, 80% des gens sur terre mangent des insectes, il faut juste que cette habitude arrive chez nous ».

Comme une cacahuète à l’apéro

Une fois arrivé à l’âge adulte, à 30 jours, le grillon est tué, cuisiné et séché, les pattes et antennes sont enlevées, « ça donne un petit côté cacahuète et en fait les gens, une fois passée l’appréhension, sont agréablement surpris ». Au goût, on retrouve des saveurs de céréales maltées, de poulet ou même de crustacés en fonction de l’assaisonnement, c’est assez doux et croquant en bouche. Les grillons sont vendus entiers, en biscuit, en tapenade ou en farine à ajouter dans ses préparations.

Et manifestement, ça convainc. « On a un site de production 30 fois plus grand qu’au début. Il y a de la demande. Notre chiffre d’affaires double d’année en année. A terme, on voudrait devenir les leaders européens comme fournisseur d’insectes ». Les insectes à manger s’inscrivent dans la tendance actuelle d’une préoccupation pour la nourriture saine et naturelle : « Les consommateurs font plus attention à ce qu’ils mangent, ils veulent quelque chose de sain et nutritif, on est tout à fait dans cette tendance ».

Nourriture de demain

Le principal avantage des insectes c’est qu’il demande moins d’énergie, moins d’eau, moins de nourriture, « Je suis bio ingénieur. Pendant mes études j’ai étudié les filières alimentaires et j’ai bien vite vu qu’il y avait quelques problèmes sanitaires et environnementaux dans la production de viande. Je voulais une alternative pour avoir des protéines […] En élevant des grillons, on consomme beaucoup moins qu’un élevage de bœuf pour produire le même nombre de calories » explique Maïté Mercier.

Outre les vertus environnementales, le grillon a aussi des avantages nutritionnels, « c’est très riche en protéines de bonne qualité, en vitamine B12, vitamine E, c’est antioxydant,… ».

Et puis, les insectes sont facilement cultivables en ville, ça prend bien moins de place qu’un élevage de bêtes ou que des champs à cultiver, c’est une manière de ramener l’agriculture en ville et de rapprocher producteurs et consommateurs urbain.

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