Gaz de schiste: Londres appâte les communes avec des cadeaux fiscaux

Le premier ministre britannique David Cameron lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 20 décembre 2013
Le premier ministre britannique David Cameron lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 20 décembre 2013 - © Alain Jocard

Le gouvernement britannique, qui met "tout en œuvre" pour l'exploration controversée du gaz de schiste, a annoncé lundi des avantages fiscaux pour les communes qui accepteront des projets d'exploitation de cette énergie.

Les communes concernées recevront la totalité de la taxe professionnelle collectée au lieu des traditionnels 50%, a indiqué le Premier ministre David Cameron. Soit potentiellement jusqu'à 2 millions d'euros supplémentaires par an pour chaque site exploré, selon des sources gouvernementales.

"Nous mettons tout en œuvre pour le gaz de schiste", a déclaré M. Cameron, estimant que cette industrie "sera synonyme de plus d'emplois et de plus d'opportunités et de sécurité économique pour notre pays".

Le pays "doit profiter des opportunités favorables offertes par le gaz de schiste", a insisté le secrétaire d’État chargé du commerce, Michael Fallon, dimanche dans le journal Sun on Sunday.

"De la corruption" selon Greenpeace

"Dans les années 70, le pétrole de la mer du Nord nous a permis de sortir notre économie de sa stagnation handicapante. Nous avons une chance comparable de créer des dizaines de milliers d'emplois et la sécurité énergétique" avec le gaz de schiste, a-t-il ajouté.

Les défenseurs de l'environnement ont eux accusé le gouvernement d'essayer de "corrompre" les autorités locales avec cette fiscalité avantageuse. "Cameron dit de fait aux municipalités d'ignorer les risques et la menace d'une industrialisation à grande échelle en échange de monnaie sonnante et trébuchante", a réagi Lawrence Carter, de l'organisation Greenpeace. "Le gouvernement a désormais recours à la corruption pour vendre sa politique très impopulaire favorable à l'extraction hydraulique", a-t-il ajouté.

La fracturation hydraulique, qui consiste à créer des fissures souterraines en injectant un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques à haute pression pour libérer les hydrocarbures de schiste, est jugée polluante par les écologistes. Elle est mise en œuvre aux États-Unis mais interdite en France.


AFP

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