Fyra: le patron d'AnsaldoBreda rejette les accusations des Belges et Néerlandais

Maurizio Manfellotto, le patron d'AnsaldoBreda, rejette les acusation des chemins de fer belges et néerlandais
Maurizio Manfellotto, le patron d'AnsaldoBreda, rejette les acusation des chemins de fer belges et néerlandais - © AFP PHOTO / CARLO HERMANN

Le patron de la firme italienne AnsaldoBreda a rejeté jeudi les raisons invoquées par les chemins de fer belges et néerlandais pour annuler d'importantes commandes de TGV "Fyra" devant relier Bruxelles à Amsterdam mais dont l'exploitation a été arrêtée en janvier dernier après seulement quelques semaines.

"Nous trouvons que les motivations avancées par nos clients sont infondées et illégitimes", a déclaré au cours d'une conférence de presse, le PDG de la firme, Maurizio Manfellotto, en estimant qu'"il était juste que les gens sachent la vérité".

Au total, les chemins de fer néerlandais et belges avaient commandé 19 (respectivement 16 et 3) trains à grande vitesse V250 à AnsaldoBreda, au prix de 20 millions d'euros chacun. La SNCB a annoncé le 31 mai l'annulation de sa commande, et les chemins de fer néerlandais (NS) envisagent de faire de même, cinq mois après la mise en service avortée de la liaison rapide Bruxelles-Amsterdam.

Selon la SNCB, des analyses "ont mis en lumière des lacunes fondamentales dans la conception des trains V250 avec des conséquences importantes possibles tant au niveau de la sécurité que de la fiabilité". Des experts ont ainsi constaté des problèmes dans les systèmes de freinage, de la rouille prématurée et "une protection inexistante des câbles électriques sous le train".

"Nous ne voulons pas nous soustraire à nos responsabilités mais nous démontrerons que principalement (les avaries et défaillances constatées, ndlr) sont à attribuer à nos clients", a rétorqué jeudi M. Manfellotto.

La thèse d'AnsaldoBreda est que les trains ont été utilisés en janvier à "des vitesses excessives (250 km/h)" compte tenu des conditions d'enneigement et de verglas rencontrées sur les voies ferrées.

Comportements inadaptés

"Depuis le début, nos clients ont eu des comportements inadaptés sur le plan managérial", a affirmé M. Manfellotto.

AnsaldoBreda a déjà annoncé qu'elle entendait porter plainte pour demander des dédommagements aux chemins de fer belges pour l'annulation de leur commande.

Selon le PDG d'Ansaldo, les décisions prises en Belgique et aux Pays-Bas "portent atteinte à l'entreprise (Ansaldo) et aux passagers".

Le PDG a estimé que les annonces faites par les chemins de fer belges et néerlandais étaient en outre "dévastatrices en termes d'image" pour AnsaldoBreda, filiale à 100% du groupe d'aéronautique et de défense Finmeccanica (contrôlé lui-même à 30% par l'Etat italien).

Dans un communiqué, cette firme a "confirmé son engagement à soutenir AnsaldoBreda dans toutes les initiatives qu'elle prendrait pour sauvegarder le travail de ses salariés, les intérêts et l'image de la société".

Des conséquences pour l'emploi ?

M. Manfellotto s'est aussi dit inquiet des "éventuelles conséquences sur l'emploi" dans ses usines de Naples et Pistoia (Toscane), même s'il a exclu un effet immédiat "car nous avons d'autres commandes en cours".

Le secrétaire d'Etat italien aux Infrastructures Erasmo D'Angelis a assuré que le gouvernement "ferait tout son possible pour parvenir à une clarification afin d'éviter l'annulation des commandes".

 

Belga

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