François Hollande a défendu son bilan sur France 2, il demande du temps

François Hollande défend son bilan, demande du temps
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François Hollande défend son bilan, demande du temps - © Tous droits réservés

Confronté à l'inquiétude des Français, le président a défendu jeudi soir son bilan de dix mois au pouvoir et réclamé du temps face à une crise dont il a reconnu n'avoir pas anticipé la durée. Il estime qu'"être dans l'austérité, c'est condamner l'Europe à l'explosion", et encourager la montée des mouvements populistes. François Hollande a aussi annoncé que la taxe à 75% sur les salaires de plus d'un million d'euros serait payée par les entreprises.

"Nous n'avions pas anticipé" que la crise durerait "plus longtemps que prévu", a déclaré le président socialiste sur la chaîne de télévision publique France 2.

Face à cette situation, "j'ai mis en place une politique. Tous les outils sont là et c'est cette politique là, ces outils là, qui maintenant vont être mis en oeuvre", a-t-il ajouté en évoquant l'aide engagée pour le recrutement notamment des jeunes par les entreprises.

"Ma priorité c'est l'emploi, mon cap c'est la croissance", a-t-il insisté, en réaffirmant sa volonté de voir inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année.

Mercredi, les Français ont appris que leur pouvoir d'achat en 2012 avait reculé pour la première fois depuis 1984 (-0,4%), en raison des hausses d'impôts décidées par le gouvernement socialiste et d'une croissance nulle l'année dernière. La veille, la publication des chiffres du chômage pour février indiquait une hausse pour le 22e mois consécutif, avec 3 187 700 chômeurs.

"J'ai besoin de tous les Français", a aussi lancé jeudi François Hollande. En 2013 et 2014, il n'y aura pas d'impôts supplémentaires pour les Français, a promis le président.

"Etre dans l'austérité, c'est condamner l'Europe à l'explosion"

"Aujourd'hui, prolonger l'austérité, c'est le risque de ne pas aboutir à réduire les déficits et la certitude d'avoir des gouvernements impopulaires dont les populistes feront une bouchée le moment venu", a expliqué François Hollande.

"Je ne ferai pas une politique qui conduise l'Europe à l'austérité", a promis le chef de l'Etat, ajoutant: "Je ne veux pas que l'Europe soit une maison de redressement".

Il a confirmé que la France ne parviendrait pas à remplir son objectif de ramener les déficits publics à 3% du produit intérieur brut en 2013, comme elle s'y était engagée auprès de ses partenaires européens.

La taxe à 75% sera prise en charge par les entreprises

Le président François Hollande a annoncé jeudi sur France 2 que la taxe à 75% sur les salaires de plus d'un million d'euros, dont la première mouture avait été retoquée fin décembre par le Conseil constitutionnel, serait payée par les entreprises.

"L'assemblée générale des actionnaires sera consultée sur les rémunérations et, lorsqu'elles dépassent un million d'euros, l'entreprise aura une contribution à payer qui, toutes impositions confondues, atteindra 75%", a déclaré le président.

Il a également annoncé qu'il allait rendre "plus simple" la fiscalité sur les cessions et transmissions d'entreprise "lorsque c'est à des repreneurs qui permettent de maintenir l'emploi".

Mali: retrait et élections

Le président Hollande a déclaré qu'il voulait des élections "au Mali à la fin du mois de juillet et ça, nous serons intraitables là-dessus".

"Deuxièmement, il faut qu'il y ait ce dialogue avec toutes les composantes de la société malienne", a-t-il ajouté sur France 2.

Le président a annoncé jeudi qu'en juillet, il n'y aurait "plus que 2000 soldats français au Mali", contre 4000 actuellement, réaffirmant que le retrait commencerait à la fin d'avril.

"A la fin du mois d'avril, nous allons nous retirer. En juillet, il n'y aura plus que 2000 soldats au Mali. A la fin de l'année, un millier de soldats seront présents", a déclaré M. Hollande.

"Nous avons atteint nos objectifs" au Mali, a assuré M. Hollande, à l'exception de la libération des 15 otages français -dont l'un est présumé mort- en Afrique, notamment au Mali.

"Nous n'avons pas pu retrouver nos otages, nous allons continuer à faire cette recherche".

Il a rendu hommage aux soldats "exemplaires" et s'est dit "en admiration" devant leur attitude.

Dans un premier temps, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait évoqué un début de retrait en mars du contingent français. Puis le président François Hollande avait promis une diminution du nombre des soldats "à partir du mois d'avril".

Le 20 mars, le chef du gouvernement français Jean-Marc Ayrault avait évoqué "fin avril" pour un début de désengagement.

Cinq soldats français ont péri dans des combats depuis le début de l'opération visant à chasser les groupes islamistes armés du nord du Mali.


Avec AFP

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