Logiciel truqueur dans les véhicules Renault? Des perquisitions en France

Perquisitions de la répression des fraudes chez Renault
Perquisitions de la répression des fraudes chez Renault - © Belga

Les services de la répression des fraudes ont "perquisitionné" la semaine dernière plusieurs sites Renault en IIe-de-France, a-t-on appris jeudi de sources syndicales, la CGT s'interrogeant sur une possible enquête sur une fraude aux émissions polluantes."Des agents de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) sont intervenus sur différents sites Renault jeudi dernier", affirme jeudi dans un tract le syndicat CGT Renault du site de Lardy, dans l'Essonne.

Les "secteurs" concernés ("homologation et mise au point des contrôles moteur") "laissent fortement penser" que ces "perquisitions" sont "liées aux conséquences de l'affaire des 'moteurs truqués' de Volkswagen", écrit le syndicat. "Ils ont récupéré les PC de plusieurs directeurs", précise-t-il.

Les sites visés ont été selon la CGT: le centre d'ingénierie de Lardy, le technocentre de Guyancourt , dans les Yvelines, le site du Plessis-Robinson et le siège à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.

Pour sa part, la CFDT a été informée par des militants de perquisitions de la DGCCRF à Lardy et Guyancourt. "Nous avons questionné hier (mercredi) la direction mais n'avons pas eu de réponse. Tout le monde est surpris", a déclaré Franck Daoût, délégué syndical central CFDT.

Pas de logiciel truqueur

Le constructeur automobile Renault a confirmé jeudi avoir été l'objet de perquisitions des services français de la répression des fraudes mais assuré qu'aucun logiciel truqueur n'avait été détecté sur ses moteurs diesels dans les investigations consécutives au scandale Volkswagen.

L'annonce un peu plus tôt par des syndicats du groupe de telles perquisitions conduites la semaine dernière a fait chuter le titre Renault à la Bourse de Paris et l'ensemble des valeurs automobiles sur plusieurs places européennes.

Touché par cette dégringolade, l'autre grand constructeur français, PSA Peugeot Citroën a indiqué "ne pas avoir fait l'objet d'une perquisition" et assuré lui aussi que les tests des autorités françaises sur ses modèles n'avaient pas montré d'anomalies.

Les perquisitions chez Renault ont visé le siège social du constructeur à Boulogne-Billancourt, près de Paris, et deux de ses centres d'ingénierie à l'ouest et au sud de la capitale française, selon la direction qui ne précise pas quand elles ont eu lieu.

Renault les a présentées comme un "complément d'investigation" ayant "vocation à valider définitivement les premiers éléments d'analyse" d'une commission d'enquête technique indépendante mise en place en France dans la foulée du scandale Volkswagen. "D'ores et déjà", a affirmé le constructeur, les tests menés dans ce cadre ne mettrait "pas en évidence la présence d'un logiciel truqueur équipant les véhicules Renault".

A la Bourse de Paris, le titre Renault perdait encore 11,5% en début d'après-midi, après avoir dévissé de plus de 20% à la mi-journée. L'action PSA Peugeot Citroën était en repli de plus de 4%, après avoir perdu plus de 9% auparavant.

La révélation des perquisitions chez Renault a également fait s'écrouler en fin de matinée les valeurs automobiles sur plusieurs autres Bourses européennes, notamment Francfort et Milan, en réveillant le spectre du scandale Volkswagen.

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