France: les progrès en énergie ne font pas baisser la facture

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Les progrès réalisés depuis 20 ans en termes de performance énergétique des bâtiments ou de moindre consommation des automobiles n'ont pas fait baisser la facture des ménages, qui consacrent toujours la même part de leur budget à l'énergie, selon l'Insee.

Les ménages français consacrent 8,4% de leur budget aux dépenses d'énergie, soit autant que pour les loisirs et les vêtements, indique l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques dans une étude publiée mercredi. Cette part est stable depuis 1989.

En 2006, chaque ménage déboursait en moyenne 2.300 euros pour payer l'énergie de son logement et son carburant.

"La performance énergétique sest améliorée en 20 ans, que ce soit pour lhabitat ou les transports", souligne l'Institut.

Mais cette tendance, de nature à alléger la facture d'énergie, a été compensée par un agrandissement de la surface des logements ainsi que par une augmentation de l'équipement en automobiles et en appareils électriques.

"Les ménages habitant de plus en plus loin de leur lieu de travail ont davantage recours à un véhicule personnel", souligne aussi l'Insee.

Finalement, ce sont surtout les ménages aisés qui ont profité des progrès énergétiques, voyant le poids de la facture énergétique dans leur consommation baisser "dun tiers depuis 1985, contre un quart pour les ménages les plus pauvres".

Cela a contribué à l'accroissement des "inégalités deffort énergétique" depuis 25 ans. En 2006, les 20% des ménages les plus pauvres consacraient 9,6% de leur budget à lénergie, contre seulement 7,0% pour les 20% des ménages les plus aisés.

Outre riches et pauvres, les inégalités énergétiques opposent ville et campagne, chauffage au fioul et à l'électricité, ménages âgés et ménages jeunes.

Ainsi, un ménage de l'agglomération parisienne dépensera une part deux fois moindre de son budget à l'énergie (5,7%) qu'un ménage en zone rurale (11,3%).

De même, un ménage dont le logement est chauffé au fioul dépensera 28% de plus au mètre carré qu'un ménage chauffé à l'électricité.

Les ménages ruraux cumulent les "caractéristiques pénalisantes", souligne l'Insee, car "ils sont plus souvent âgés, chauffés au fioul, vivant en logement individuel plus grand, etc...".


AFP

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