France: la circulation des trains à nouveau perturbée pour la troisième journée consécutive

Le Premier ministre Edouard Philippe (G) et le patron de la SNCF Guillaume Pepy (D), à la gare de l'Est, le 19 octobre 2019
Le Premier ministre Edouard Philippe (G) et le patron de la SNCF Guillaume Pepy (D), à la gare de l'Est, le 19 octobre 2019 - © DOMINIQUE FAGET

Le mouvement social à la SNCF perturbait à nouveau la circulation des trains en France dimanche pour son troisième jour avec un risque d'enlisement, les syndicats continuant de défendre le "droit de retrait" à la suite d'un accident, face à la direction et au gouvernement qui dénoncent une "grève sauvage".

La SNCF annonçait en début de matinée un service "très perturbé" sur les TER, avec un train sur deux en moyenne mais des disparités très importantes selon les régions, notamment un trafic "normal ou quasi-normal" en région Sud, Normandie et Hauts-de-France. Trafic "très perturbé" également sur les Intercités, avec notamment deux circulations seulement sur Paris-Clermont-Ferrand.

Sur le réseau Transilien en revanche, le service est "peu perturbé" avec une circulation normale sauf sur la ligne B du RER en raison de la rupture d'interconnexion et sur la ligne C.

Les TGV restent affectés sur les axes Atlantique et Sud-est avec 9 trains sur 10. Un train Ouigo sur trois circule.

"On est dans une situation de blocage", résume Didier Mathis, de l'Unsa ferroviaire, pour qui "s'il n'y a pas d'avancée de la part de la direction, on peut supposer que le mouvement va se poursuivre, car le problème de danger n'est pas réglé".

Quant à son collègue de SUD-Rail Julien Troccaz, il juge "difficile de faire des prévisions" pour la suite du mouvement car "le droit de retrait est individuel". Mais il estime que le patron de la SNCF et l'exécutif "jouent le pourrissement total" du conflit.

A l'origine du mouvement, un accident survenu mercredi soir, lorsqu'un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes), faisant 11 blessés dont plusieurs hospitalisés, selon la préfecture. Le conducteur, qui a porté secours aux passagers alors qu'il était lui-même blessé, était le seul agent SNCF à bord du train.

Dès jeudi puis jusqu'à dimanche à la prise de service, des agents de conduite et contrôleurs ont fait valoir leur droit de retrait.

Le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s'est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient être données et notamment judiciaires".

Le patron de la SNCF Guillaume Pepy a jugé "pas admissible" ce mouvement qu'il a qualifié de "grève surprise".

Journée de grève à la gare Montparnasse, à Paris (et réaction d'une usagère), ce samedi 20 octobre:

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