Forum de Davos: la déprime menace

Pour sa 46ième édition, le Forum Economique mondial (WEF) a choisi de célébrer le numérique. "L'équivalent d'un tsunami économique", selon le professeur Klaus Schwaab, le créateur du WEF, association sans but lucratif basée à Davos, en Suisse. Dans les enceintes officielles, les works-shops, ce ne sont que des superlatifs.

Le gotha des entreprises technologiques n'a de cesse de vanter les promesses du numérique. Le potentiel de l'économie digitale tiendrait presque du miraculeux, malgré les mises en garde de certains sur ses effets dévastateurs sur l'emploi traditionnel.

Comme d'habitude, la vérité se situe entre les deux sons de cloche. Mais tout le monde s'accorde sur une chose : la révolution numérique est en marche et l'ignorer relèverait de l'inconscience, voire de la faute.

Avalanche de mauvaises nouvelles


Reste qu'à Davos, toutes ces tribunes enthousiastes autour de la quatrième révolution industrielle ont été éclipsées par de sombres nuages, une avalanche de mauvaises nouvelles.

A commencer par les prévisions du Fonds monétaire international. Pour l'inauguration du WEP, le FMI a fait savoir qu'il revoyait à la baisse les prévisions de croissance pour 2016. Les signes d'essoufflement économique de la Chine, un des moteurs de la croissance mondiale, se font de plus en plus visibles. Même la plongée des cours du pétrole inquiète.

Certes, l'or noir au plus bas est plutôt profitable pour nos porte-feuilles, mais cela risque aussi de redistribuer les cartes dans des régions déjà très agitées. Pour certains oracles, tout cela ne présage rien de bon. Au point même de prédire carrément une nouvelle crise économique mondiale.

On n'en est pas là, mais c'est sûr que le tableau n'est pas joyeux.

Toutes ces nouvelles interviennent dans un contexte mondial déjà très perturbé par des crises en cascade : crises humanitaires, crise des migrants, terrorisme, réchauffement climatique etc

Bref, les quelques 2200 décideurs de Davos garde bien l’œil rivé sur leur smartphone, mais s'inquiètent de ces nouvelles poussées de fièvre aux effets incertains.

Car si le WEF a pour mission dans ses statuts d'améliorer l'état du monde, c'est aussi le grand rendez-vous des élites économiques globales, des élites soucieuses de stabilité pour prospérer, des élites qui n'aiment pas les inégalités car elles sont sources de violence et de chaos.

Autrement dit, ici à Davos l'enthousiasme autour de l'économie numérique a été quelque peu douché par les soubresauts de cette bonne vieille économie traditionnelle qui fait un retour en force.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK