Food tech : ces technologies innovantes de l'industrie agroalimentaire qui sont en pleine expansion

Le dossier d’Écomatin qui est consacré aux « food tech », ces technologies innovantes de l’industrie agroalimentaire qui sont en pleine explosion, avec des investissements qui ont plus que triplé mondialement en cinq ans à peine. Fin de semaine dernière, Beyond Meat, la start-up technologique phare américaine qui produit des burgers vegan, a fait un carton plein lors de son entrée en Bourse à Wall Street, alors que la société a des résultats financiers largement dans le rouge.

Malgré un bénéfice avant impôts et intérêts de cette start-up qui est négatif, moins 25 millions de dollars, l’action de Beyond Meat a gagné 160% en un jour, le jour de l’ouverture à Wall Street. C’est donc effectivement le signe que les investisseurs trouvent ce marché prometteur ; ils en sont convaincus.

On parle de déchets alimentaires qui sont transformés en nourriture pour bétail, on parle de drones qui pilotent l’irrigation de champs. La banque ING sort aujourd’hui un livre sur ces innovations technologiques, livre qui rassemble des géants européens de l’alimentaire, comme Nestlé ou Unilever, mais aussi des start-up, dont des Belges.

Philippe Rangoni est responsable contenu chez ING pour l’innovation, l’agriculture et la nourriture, et il cite l’exemple d’entreprises belges actives dans l’élevage de volailles pour la ponte ou pour l’élevage : « Tout le monde sait que ce n’est pas une industrie qui a une super bonne presse. Ils ont décidé de radicalement changer leur manière de fonctionner et ils ont développé une start-up qui permet, de manière complètement automatisée, de déposer des œufs sur des nids de paille, de manière à ce que les œufs éclosent d’eux-mêmes et que les poussins sortent de l’œuf tout seul, ce qui n’est en principe pas le cas dans l’industrie, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Je ne vais pas décrire comment ça se passe, mais ce n’est en tout cas pas comme ça. Ils vivent donc un peu comme on a l’image des fermes de dans le temps. Évidemment, tout ça n’est possible que parce qu’il y a une grande digitalisation. »

Avec donc des poussins qui tombent moins souvent malades, et donc aussi la suppression des antibiotiques qui leur étaient donnés auparavant.

Pour Philippe Rangoni, « répondre au morcellement de la consommation, le vegan, le bio, en plus d’une demande de durabilité dans les processus de production, mais aussi d’un autre côté les plats préparés, et donc des demandes de consommation tous azimuts, de manière parfois contradictoire d’ailleurs, mais des pressions que l’industrie ne peut manifestement plus ignorer aujourd’hui ».

Mais ces innovations vont-elles pouvoir réconcilier les revendications ou les nécessités environnementales avec la fameuse industrie agroalimentaire dont on se méfie beaucoup ?

«Je ne vais pas vous dire que l’industrie, et certainement pas la grande industrie, va rencontrer à 100% les revendications d’ONG environnementalistes. Ce serait vraiment prendre les gens pour des idiots, et ce n’est vraiment pas nécessaire. Mais il y a une demande du consommateur qui est très forte par rapport à ça, et cette demande, l’industrie ne peut pas l’ignorer, et elle ne l’ignore pas, tout simplement parce que si elle l’ignore, elle perd des parts de marché » précise Philippe Rangoni.

En Europe aussi, l’industrie agroalimentaire se réveille enfin, parce qu’effectivement il y a eu ces dernières années des pertes de parts de marché au niveau mondial de cette industrie alimentaire européenne, alors que la population, et donc la demande globale, augmente. Le secteur a été plutôt réputé chez nous pour son manque d’innovation, mais cette page-là semble bel et bien révolue. « Le futur de l’alimentation , c’est le titre d’un livre que la banque ING sort aujourd’hui.

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