Finance créative: une coopérative italienne émet des obligations parmesan

En 2016, la coopérative a émis des obligations parmesan pour 6 millions d’euros, avec un rendement de 5% d’intérêts annuels.
En 2016, la coopérative a émis des obligations parmesan pour 6 millions d’euros, avec un rendement de 5% d’intérêts annuels. - © FILIPPO MONTEFORTE - AFP (Photo d'illustration)

Investir dans du parmesan, c’est la proposition de finance créative d’une coopérative italienne. Elle a en effet émis des obligations en mettant ses meules de parmesan en garantie. Si donc l’entreprise ne rembourse pas les investisseurs, ils recevront l’équivalent... en fromage!

Dans cette coopérative au Nord de Modène, une dizaine d’homme répètent inlassablement la recette ancestrale de ce fromage à longue conservation. Chaque matin ils fabriquent une centaine de meule de fromage, comme le détaille Salvatore Ochipinti de la fromagerie "4 madonne":  "Voici la phase la plus délicate, c'est la phase du premier assèchement du lait caillé.
Dans chaque chaudières de cuivre 1000 litres de lait se transforment en deux fromages de 50 kg. Ils iront rejoindre leur semblable sur les étagères en bois de l’immense entrepôt. L’affinage dure entre 12 et 36 mois"

10 millions d'euros de fromage

L'entrepôt porte un nom bien particulier, explique Andrea Nascimben, président de la coopérative. "Nous appelons cet endroit 'le caveau', comme dans les banques. Car ici dans cet entrepôt, il y a des fromages pour une valeur de 10 millions d'euros."

Voilà pourquoi en mai 2012 lorsque l’entrepôt s’écroule à cause du tremblement de terre et que la crise des banques exigent un remboursement des dettes, la coopérative cherche de nouvelles méthodes de financement. "Un financier nous a alors proposé d'émettre nos propres obligations, et de mettre nos meules de parmesan en guise de garantie. En 2016, la coopérative a ainsi émis des obligations parmesan pour 6 millions d’euros, avec un rendement de 5% d’intérêts annuels." 

Les investisseurs, comme Mauro Cantaroni, n’ont pas hésité. "Du 5 %.. si vous cherchez un produit sans risque, sur le marché financier, avec un tel intérêt, c'est difficile à trouver."

Les banques italiennes obligées de réduire leur créance douteuse, ouvrent difficilement les lignes de crédits aux entreprises. La finance créative pourrait être la solution. Des producteurs de vin et de jambon cru sont intéressés à suivre la voie des obligations parmesans.

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