Projet de fusion Renault-Fiat Chrysler : vers un 3e constructeur mondial ?

Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler (FCA) a présenté le 27 mai 2019 un projet de fusion avec son homologue français Renault pour donner naissance au troisième groupe mondial
Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler (FCA) a présenté le 27 mai 2019 un projet de fusion avec son homologue français Renault pour donner naissance au troisième groupe mondial - © MARCO BERTORELLO, LOIC VENANCE

Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler (FCA) a présenté lundi un projet de fusion avec son homologue français Renault, pour donner naissance au troisième groupe mondial du secteur, avec des ventes annuelles de 8,7 millions de véhicules. Selon la proposition faite par FCA à Renault, le nouveau groupe serait détenu à 50% par les actionnaires du constructeur italo-américain et à 50% par ceux de Renault.

Complémentarité

Ce rapprochement permettrait des synergies pour 5 milliards d’euros chaque année selon les calculs de Fiat Chrysler, notamment dans le domaine de la recherche et du développement de la voiture électrique. FCA est à la traîne dans ce domaine qu’il a sous-investi ces dernières années et a donc besoin d’un partenaire pour rattraper ce retard. Dès lors, pour David Leclercq, journaliste au Moniteur Automobile il pourrait y avoir un donnant-donnant entre les deux groupes : « Renault a déjà beaucoup d’expérience dans la voiture électrique, ce que Fiat et Chrysler n’ont pas. Par ailleurs, Fiat et Chrysler ont de l’expérience du haut de gamme avec leurs marques comme Jeep ou Maserati que Renault n’a pas. Il y a donc une complémentarité dans leur gamme et dans l’éventail des produits qu’ils proposent ».

Une complémentarité géographique aussi. Renault est complètement absent du marché nord-américain, le deuxième au monde derrière la Chine. Fiat Chrysler y réalise plus de la moitié de ses ventes. A l’inverse, Renault est très bien implanté en Russie (près de 20% de ses volumes) avec notamment sa marque Lada, une opportunité pour le groupe italo-américain.

Un secteur complètement chamboulé par la voiture électrique

Le secteur automobile subit plusieurs ruptures technologiques (électrification des moteurs, conduite autonome, connectivité) qui incitent les entreprises à investir des milliards. C’est particulièrement vrai en Europe où des objectifs drastiques de réduction des émissions de CO2 ont été décidés. Il faut donc les reins très solides pour se lancer dans la course à la voiture électrique. D’autant qu’en même temps, pour David Leclercq, les marges de ces mêmes constructeurs sont sous pression : « La voiture autonome, ou en tout cas la voiture partagée, va faire qu’à l’avenir on va produire, sans doute, moins de voitures. Ça fait donc moins de rentabilité. Donc, il n’y a que les grands groupes, qui vont pouvoir survivre. L’ancien patron de Fiat Sergio Marchionne disait il y a quelques années qu’à terme, il n’y aurait plus de place que pour 6 ou 7 gros acteurs dans le monde automobile. Je pense qu’il avait raison ».

Ce projet de fusion s’inscrit donc dans une course à la taille. Les constructeurs doivent atteindre une taille critique pour faire face à l’émergence des voitures électriques en lançant une multitude de nouveaux modèles hybrides et surtout 100% électriques, ce qui implique pour eux, de lourds investissements.

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