FGTB: l'intérim, "c'est trop court et c'est trop long"

L'agence d'intérim Adecco
L'agence d'intérim Adecco - © EPA/LAURENT GILLIERON

Ce mercredi est une journée dédiée aux droits des intérimaires. La FGTB, organisatrice de cette journée, rappelle que le travail intérimaire est censé combler les besoins temporaires de main d'œuvre, et pas plonger les gens dans l'incertitude pendant un temps indéfini. Des actions de sensibilisation ont lieu partout en Belgique.

L’intérim en Belgique, ce sont 350 000 travailleurs souvent tenus en haleine avec la promesse d’un contrat fixe à venir. L’incertitude pèse lourd pour ces travailleurs, elle génère aussi beaucoup de stress, surtout si les contrats sont des contrats journaliers. Paul Lootens, coordinateur FGTB pour les intérimaires, explique : "C’est un vrai scandale parce que ce sont vraiment des contrats du XIXe siècle où, tous les jours, on embauche des gens, on ne les réembauche pas, alors que ça ne se justifie pas nécessairement. Donc, nous, on dit souvent 'l’intérim, c’est trop court et trop long'. Trop court, parce que les contrats de début sont trop courts, comme les contrats journaliers. C’est vraiment quelque chose d’impossible à vivre. Et trop longtemps dans l’intérim avant d’avoir droit à un contrat à durée déterminée ou un contrat à durée indéterminée, un boulot fixe".

En principe, légalement, les conditions de travail et de rémunération sont les mêmes pour tous les travailleurs, qu’ils soient intérimaires ou non. Dans la pratique, ce n’est pas toujours le cas. "Dans les sociétés où il n’y a pas de contrôle syndical, on n’a pas la garantie que les mêmes salaires sont payés. Et en tout cas, ils n'ont pas les mêmes avantages, parce que, en ce qui concerne les fêtes du personnel, un cadeau de l’employeur, ou tout ce qui est complémentaire, n’est jamais donné à l’intérim s’il ne le demande pas. Et s’il le demande, il a le risque, lui, de ne plus revenir", explique René Van Cauwenberghe.

La sécurité reste aussi une source de préoccupation. L’intérim est un des trois secteurs les plus touchés par les accidents de travail : 772 avec séquelles permanentes l’année dernière, et cinq mortels.

Marie-Paule Jeunehomme

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