Faut-il s'attendre à des perturbations dans le secteur aérien en 2019?

Parmi les mouvements sociaux qui ont marqué l'année 2018 en Belgique figurent les grèves à Ryanair, qui ont perturbé les vacances d'été de nombreux Belges entre juillet et septembre. Désormais, le temps est à la trêve entre les patrons et les syndicats. Il n’y a d'ailleurs pas eu de grèves chez Ryanair pendant ces vacances de Noël, alors que ça avait été à l’ordre du jour. Après des mois de bras de fer assez tendus, un accord est finalement tombé il y a deux mois entre patrons et syndicats. Ryanair s’est engagé à respecter le droit du travail belge pour son personnel belge, et plus le droit irlandais, mais seulement à partir du 1er février.

Les travailleurs belges vont regarder très attentivement leurs salaires de février, le premier après la mise en œuvre de cet accord. Les syndicats attendent le patron de Ryanair au tournant. "J’attends vraiment de voir, mais j’espère vraiment qu’il va le respecter, affirme Didier Lebbe, responsable national de la CNE. On pourra le voir seulement à la fin du mois de février, quand on aura les premières fiches de paye et qu’on verra si, par exemple, il paye au moins le minimum légal belge."

Le pilote devient une denrée rare

Le minimum légal est évidemment le principal acquis pour les travailleurs : un salaire minimum belge plutôt qu’irlandais, et donc a priori plus élevé, et une meilleure couverture des congés maladie. Si ce n’est pas le cas, les syndicats n’excluent pas de nouvelles grèves chez Ryanair cette année.

En dehors de Ryanair, le secteur aérien est particulièrement touché par les tensions sociales, chez Brussels Airlines, Air France ou la Lufthansa. "On a demandé beaucoup de sacrifices aux pilotes pendant la période de la crise du secteur aérien, mais le secteur est en pleine expansion, précise Didier Lebbe. Le pilote devient donc une denrée rare. Il est en position de force, et donc il estime, avec raison, que c’est maintenant qu’il doit récupérer ce qu’il a lâché les 20 dernières années."

C’est d’autant plus le moment que chez Ryanair et chez Brussels Airlines, les grèves de l’année passée ont fait bouger les lignes : le personnel a effectivement obtenu de vraies améliorations de leurs conditions de travail. Si ça fonctionne et que c’est nécessaire, ils pourraient être tentés de recommencer. C’est en tout cas ce que disent les syndicats.

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