Faut-il être bobo pour acheter bio? Non répondent les coopérateurs de Färm

La coopérative bruxelloise Färm vient d'ouvrir son 3ème magasin bio à Bruxelles sur une surface d'environ 500 m² avec 4.000 références. Les producteurs sont associés à la démarche.
La coopérative bruxelloise Färm vient d'ouvrir son 3ème magasin bio à Bruxelles sur une surface d'environ 500 m² avec 4.000 références. Les producteurs sont associés à la démarche. - © Tous droits réservés

Même si la part de marché du bio dans notre alimentation reste marginale, le marché est en croissance. A côté des petits magasins bio, des supermarchés apparaissent. C'est le cas à Bruxelles, plus précisément à Auderghem, où la coopérative Färm vient d'inaugurer un magasin de 500 m².

A partir d'un volume brut dans un bâtiment neuf, les concepteurs ont travaillé sur les matériaux bruts. Le béton, c'est tendance, et le bois, c'est écolo ! Des graines de quinoa aux langes pour bébé, on peut y faire l'entièreté de ses courses avec la garantie d'acheter bio, mais pas toujours belge. Les prix sont ceux du bio, une trentaine de pour cent plus cher que le traditionnel.

Rien de très neuf apparemment, quelle est alors l'originalité de ce magasin? Même si la rentabilité est indispensable pour assurer la durabilité des enseignes, l'objectif est ailleurs.

Des magasins urbains

Les explications d’Alexis Descampe, un des fondateurs de Färm avec Batiste Bataille. Il est aussi administrateur délégué: " Färm est une coopérative de production, de distribution et de sensibilisation alimentaire durable. Nous mettons en place un réseau de production, un réseau de magasins urbains grâce auxquels nous pouvons promouvoir la production alimentaire biologique en offrant des canaux de distribution et du volume de production pour permettre in fine à des agriculteurs de se développer et même d’aller de l’agriculture traditionnelle vers l’agriculture biologique ".

C'est donc un système intégré. En aval, c'est une opération de sensibilisation sur le thème "Good food, good people", avec l’intention d’aller au-delà du public traditionnel, les bobos. Car, affirment les patrons de Färm, le bio n’est pas plus cher si l’on revoit la manière de faire ses emplettes. En amont, Färm développe des liens très proches avec les producteurs de manière à favoriser les circuits courts.

Maitriser la filière

C'est ainsi que la sprl Interbio de Sombreffe est coopérante de Farm. Elle regroupe des producteurs qui se sont associés pour organiser la distribution de leurs produits bio. Henry Dumont de Chassart est à la fois agriculteurs et distributeur via Interbio. C'est tout naturellement qu'il soutient la démarche de Färm : " L’intérêt de participer à ce projet est de maîtriser sa filière et donc de voir aussi les produits qui pourraient manquer. Au lieu d’aller chercher certains produits aux Pays-Bas, je préfère les produire en Belgique. Par contre, étant aussi agriculteur producteur, j’entends aussi beaucoup de discours qui poussent les agriculteurs à se convertir au bio. Oui il manque des produits et on peut augmenter l’offre, mais il faut y aller progressivement ".

Idéalement, il faut combiner les trois étapes: l'augmentation de la production bio, le développement de la distribution en gros comme au détail et la croissance de la demande. C’est justement que s’inscrivent les projets de Färm. Ses responsables ont l’ambition de passer de trois à seize magasins dans les trois ans, toujours dans les quartiers urbains pour combiner bio, accessibilité et mobilité douce. A Bruxelles comme dans d'autres grandes villes wallonnes. Une croissance qui supposera de nombreux engagements. Färm emploie actuellement 37 personnes.

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