Faut-il craindre un krach obligataire des pays émergents?

Investir dans les obligations des pays émergents peut s'avérer très rentable mais gare au retour de manivelle. A laisser aux seuls professionnels. Ici la Banco Central do Brasil.
Investir dans les obligations des pays émergents peut s'avérer très rentable mais gare au retour de manivelle. A laisser aux seuls professionnels. Ici la Banco Central do Brasil. - © Tous droits réservés

Après la crise de la dette en Europe, qui n'est d'ailleurs pas terminée, faut-il redouter une crise de la dette des pays émergents? Certains experts le craignent en raison notamment de la hausse du dollar, mais tous ne sont pas de cet avis. Pour certains conseillers en placement, c'est même un bon investissement.

Quand on parle de la dette des pays émergents, il s’agit des États qui sont en transition entre les pays en développement et les pays développés. On ne parle donc pas de la dette des pays du sud qui constitue une autre problématique. Voilà quelques exemples de pays émergents : Russie, Chili, Corée, Turquie, Pologne, Inde.

Il est important de savoir que la dette émergente est en moyenne trois fois moins importante que celle des pays développés. Si l’on prend les chiffres 2013, elle représentait en moyenne 34 % du PIB pour les émergents et 108 % dans les pays occidentaux.

Le boom après 2008

Lors de la crise de 2008 et avec les craintes pour l’avenir de la zone euro, les investisseurs ont recherché d'autres sources de revenus et ils se sont tournés vers les émergents. Il y a donc eu une forte demande externe des investisseurs financiers et conjointement de grands besoins internes pour financer les investissements nécessaires au développement des économies locales.

Mais la situation s’est tendue avec la forte reprise de l'économie des États-Unis et la perspective de fin des taux bas de la Réserve fédérale. Ces deux facteurs ont provoqué une poussée du dollar avec comme conséquence que les capitaux en recherche permanente du rendement et de la sécurité ont recommencé à affluer aux États-Unis.

Autrement dit les capitaux quittent les économies des pays émergents pour se réfugier en dollar et c’est potentiellement un vrai problème. En effet, ces capitaux sont indispensables pour assurer la croissance et l’élévation du niveau de vie de la population des pays émergents. Il y a d’ailleurs déjà un ralentissement assez sensible de la croissance moyenne dans ces pays. Elle est passée de 6,2 % en 2011 à 4,2 % en 2014 4,2 %.

Des risques limités

Malgré cette évolution négative et les prévisions pessimistes de certains économistes, les banques et autres conseillers en investissement conseillent toujours à leurs clients d’investir dans la dette des pays émergents. Ils estiment que les risques sont limités compte-tenu d’un rendement intéressant. Mais il faut sélectionner soigneusement ses cibles ! En 2014, la valeur dette russe en rouble a plongé de 54 % en 2014. Un cas particulier peut-être mais il rappelle utilement qu’investir en obligations n’est jamais sans risques. Et quand il s’agit d’obligations émergentes, l’épargnant aura tout intérêt à résister à la tentation du rendement.

Michel Visart

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK