Faudra-t-il encore parier sur les actions en 2015?

Le bilan boursier de 2014 peut se résumer en quelques chiffres. Aux Etats-Unis, l’indice Dow Jones a progressé de 9 % en franchissant le plafond des 18.000 points pour la toute première fois de son histoire. Pas de record à Bruxelles, mais une belle hausse de 13 % pour l’indice Bel 20. Le trio de tête est composé de BPost + 46 %, Belgacom + 42 % et Delhaize + 40 %. Dans l’autre sens, il y a eu très peu d’actions en baisse sur douze mois. On épinglera des léger replis pour Solvay et Umicore ainsi que le recul de 5 % pour Colruyt et la glissade de 20 % pour D’Ieteren.

Globalement, le bilan est extrêmement positif. Pourquoi: la réponse de Frédéric Liefferinckx, économiste en chef de la société de bourse Leleux : " Tout simplement parce que les économies vont mieux à l’échelle mondiale, principalement tirées par les Etats-Unis qui ont mis, ces dernières années, pas mal de forces dans la balance pour relancer leur économie. Il y a aussi les taux d’intérêt qui sont très très bas, les perspectives d’inflation qui restent peu élevées et donc, faute d’alternatives, les grands opérateurs de marchés se tournent invariablement vers la bourse ".

Pas de choix !

Le mot-clé: TINA, " there is no alternative ". Faut-il encore rappeler que le taux d’intérêt des carnets d’épargne se rapproche dangereusement de 0 % ? Vu que l'on ne prévoit pas actuellement de remontée des taux d'intérêt, cela veut dire que les actions vont rester intéressantes en 2015.

Mais attention, ce n’est pas sans risque ! Pour le comprendre, il faut mettre les performances des marchés en perspective sur une plus longue période. A Wall Street: hausse quasi permanente depuis mars 2009 et à Bruxelles, l’indice Bel 20 est progression régulière depuis novembre 2011. Prudence donc car, pas plus que les arbres, les cours ne grimpent jamais jusqu'au ciel. Frédéric Liefferinckx : " On arrive à un moment où certains acteurs de marchés vont se poser des questions. Ces doutes vont certainement produire une volatilité en 2015. On arrive à des niveaux de valorisation qui ne sont pas excessifs mais en prenant des séries moyennes, nous sommes quand même statistiquement dans le haut des fourchettes historiques. On tire sur les valorisations, ça peut tenir si les perspectives et le flux de nouvelles restent positifs ".

Mais de vrais risques

Deux questions se posent : les entreprises vont-elles continuer à afficher de beaux résultats, malgré des performances économiques moyennes surtout en Europe et les perspectives vont-elles rester positives? Aujourd'hui l’optimisme porté presque uniquement par les Etats-Unis. Il y a donc un risque non négligeable, celui de la tentation des prises de bénéfice, donc de vente en cas de mauvaises nouvelles.

En attendant ce risque n’induit pas actuellement de vrai changement de stratégie à condition d’être plus prudent et plus sélectif. Frédéric Liefferinckx s'appuie sur un critère, le rendement : " Vu qu’il y a peu de choix, nous allons vers les actions mais principalement les actions à dividendes. En Europe, sur l’indice EuroStoxx, le dividende tourne au-delà des 4 %, une performance que l’on peut comparer avec le taux obligataire allemand qui est inférieur à 1 %. Il n’y a pas photo à condition de faire le bon choix et de sélectionner les meilleurs candidates ".

En résumé, il n’est pas question de foncer tête baissée. Les actions restent un placement à hauts risques qui n’offre aucune garantie. Il faut donc être capable d'encaisser de grosses pertes et/ou de faire le gros dos. La conclusion est paradoxale et inéquitable: oui on peut gagner pas mal d’argent en bourse, mais il faut en avoir les moyens!

Michel Visart

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