Facebook, Twitter, Snapchat: un modèle économique qui touche à sa fin?

Est-ce le début de la fin des grands réseaux sociaux sur Internet ? Les géants du web ont présenté leurs résultats trimestriels et ils sont, dans l'ensemble, assez décevants. Tout commence avec Facebook fin juillet, lorsque les cours se sont effondrés en Bourse en quelques heures, puis il y a eu Twitter et récemment Snapchat. Cela veut-il dire que le modèle économique de ces réseaux arrive à ses limites ?

La question n'est pas nouvelle puisqu'elle se pose depuis que les réseaux sociaux ont vu le jour. Pour le moment, difficile de trancher et de savoir si, oui ou non, ce modèle économique s'apprête à disparaître. Une série d'éléments sont à prendre en compte et à remettre en perspective pour dégager s'il s'agit d'une vraie tendance structurelle.

Premièrement, ces résultats financiers des réseaux sociaux ne sont pas mauvais en soi, ils sont simplement moins bons qu’attendu. Il faut quand même se rappeler de quoi on parle et, pour ce faire, se replonger dans les chiffres. Pour Facebook par exemple, le chiffre d'affaires du dernier trimestre (avril à juin) avoisine les 13 milliards de dollars. Par rapport à la même période en 2017, c'est 42% de plus. C’est moins qu’attendu, mais la tendance reste quand même à la forte croissance.

Facebook ne va pas mal

Pour Damien Van Achter, professeur de communication qui observe de près ce monde des réseaux sociaux, ces contre-performances arrivent des différents réseaux sociaux, mais s'explique différemment. "C’est l’alignement des planètes qui fait sans doute aujourd’hui que les résultats trimestriels de ces grosses entreprises sont moins bons qu’espérés", explique-t-il. "De là à conclure qu’ils vont disparaître, je n’en suis franchement pas convaincu. Le modèle économique derrière va continuer à subsister et le marché publicitaire va continuer à embrayer et à utiliser les réseaux sociaux pour toucher les utilisateurs d’une autre manière que via les médias traditionnels."

Ensuite, ce n'est pas parce que les résultats restent bons que les perspectives d'avenir sont forcément réjouissantes. Tout dépend de quel réseau social il s'agit. Pour Twitter, Snapchat et Facebook, les choses ralentissent et ils ne gagnent plus autant d’utilisateurs qu’avant. Dans certaines régions du monde, ils en perdent même. Mais à côté de ça, il y a d’autres réseaux qui explosent. Par exemple, Instagram et WhatsApp sont en pleine croissance. Cependant ils appartiennent tous les deux à Facebook, donc ce n’est pas dramatique si les chiffres de Facebook sont moins bons, du moment que d’autres filiales compensent ce tassement.

La fin de l'âge d'or? 

Pour Damien Van Achter, la clé pour assurer l’avenir est là : se diversifier et s’adapter pour continuer à monétiser son audience. "Ce sont des entreprises qui changent vite, qui évoluent, qui testent beaucoup de choses, qui se plantent aussi beaucoup. Donc, c’est inscrit dans l’ADN de ces entreprises-là de se rénover en permanence. Je pense que leurs actionnaires comptent sur eux pour continuer à faire du profit de cette manière-là."

Concrètement, ce n’est sans doute pas la fin du modèle économique des réseaux sociaux, mais les marchés anticipent la fin de l’âge d’or des réseaux sociaux et la vitesse impressionnante à laquelle ils grandissent va doucement diminuer. Par définition, ça ne pouvait pas durer, il y a bien un moment où on arrive à un plafond.

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