Face à la crise du coronavirus, Kinepolis va projeter des productions Netflix et privatiser ses salles aux particuliers

Kinepolis va projeter des productions Netflix et privatiser ses salles aux particuliers (2)
Kinepolis va projeter des productions Netflix et privatiser ses salles aux particuliers (2) - © ERIC LALMAND - BELGA

Malgré la crise et la fermeture forcée de ses salles de cinéma en Belgique, Kinepolis regorge de projets pour le moment de leur réouverture. Le groupe belge va ainsi proposer de privatiser ses salles à des particuliers, qui pourront en réserver une pour maximum 10 personnes. Il projettera en outre des productions Netflix dès que cela sera possible en Belgique, après l’avoir déjà fait au Luxembourg et en Espagne, où les salles sont majoritairement ouvertes.

'Kinepolis Privé', concept provenant des Etats-Unis, permet de privatiser une salle de cinéma pour 10 personnes au maximum afin d’y voir un film issu d’une sélection de longs métrages récents. La réservation est possible jusqu’à trois jours à l’avance. Il faut pour cela débourser un prix forfaitaire de 199 euros pour la location, quel que soit le nombre de convives. Il est donc possible d’y aller seul.

Des alternatives de "transition"

Les mesures sanitaires actuelles s’y appliquent, tout comme dans les autres salles : distanciation sociale pour les personnes en dehors de la bulle, port du masque obligatoire et interdiction de manger ou de boire, les boutiques étant d’ailleurs fermées.

Ce produit est déjà disponible depuis dix jours au Luxembourg, où Kinepolis exploite trois cinémas, et le sera en Belgique dès que les complexes y rouvriront, a assuré jeudi Eddy Duquenne, le CEO de Kinepolis, en marge de la présentation des résultats annuels du groupe belge.


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Le produit n’est pas rentable, reconnait le patron, qui le qualifie plutôt de "produit de transition" vers la nouvelle normalité et "quelque chose qui nous plaît". Il ne s’attend d’ailleurs pas à attirer beaucoup de visiteurs. "Lorsque les conditions reviendront à la normale, nous aurons également besoin de nos salles pour plus de dix clients au minimum."

Le 'Kinepolis on tour', un concept de cinéma drive-in qui a rencontré beaucoup de succès l’an dernier et qui reviendra l’été prochain, n’est pas non plus rentable. Mais cela permet de proposer de nouvelles expériences au client, pour lesquelles il est prêt à payer, souligne Eddy Duquenne.

Netflix s’impose sur le grand écran

"Notre position est de rouvrir immédiatement après les confinements si nous le pouvons, même en cas de manque de personnel et même s’il est moins coûteux de les maintenir fermées. Nous voulons être là pour les clients et leur donner une chance de venir", insiste-t-il.

Des productions Netflix seront par ailleurs bientôt proposées dans les salles Kinepolis belgeds. "Nous leur avons dit que nous étions prêts à montrer leurs films en exclusivité dans nos salles" avant leur sortie sur leur plateforme, explique le CEO. Des accords ont été conclus pour proposer ces longs métrages durant quelques semaines. Cette possibilité existe déjà au Luxembourg et en Espagne et le sera dès la réouverture des complexes en Belgique, avec une offre adaptée au marché local.

Garantir des exclusivités

Des discussions sont en outre en cours avec d’autres studios et d’autres plateformes pour des accords du même genre. Kinepolis explique se tourner vers ces plateformes de streaming car les studios de cinéma traditionnels continuent à pratiquer des prix élevés – environ la moitié du prix du billet que le client paie – alors que l’exclusivité pour les salles de cinéma est de plus en plus courte sous la pression de la vidéo à la demande.

"Si nous perdons cette exclusivité, la valeur de ce que nous obtenons est bien moindre", justifie le dirigeant. "Si nous n’obtenons que trois semaines d’exclusivité, nous ne paierons pas le même montant. Et les plateformes de streaming le comprennent."

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