Eurogroupe et crise économique: austérité et désespoir

Eurogroupe et crise économique: austérité et désespoir
Eurogroupe et crise économique: austérité et désespoir - © JOHANNES EISELE (AFP)

C'est une semaine à haute tension qui s'ouvre pour la zone euro. La Grèce a adopté dimanche un nouveau budget de rigueur dans l'espoir de débloquer l'aide européenne qui lui a été promise au printemps dernier, son cas sera discuté ce lundi par les ministres des Finances de l'Eurogroupe.

Mercredi les syndicats européens appellent à manifester contre l'austérité. Il faut dire qu'elle provoque de véritables drames sociaux dans les pays du sud.

On connaît la situation des Grecs, la population manifeste depuis des mois pour clamer son opposition aux mesures d'austérité des gouvernements successifs. Dimanche encore 15 mille personnes sont descendues Place Syntagma pour protester contre l'adoption du budget 2013 qui prévoit 9 milliards d'euros d'économies supplémentaires, avec de nouvelles coupes dans les salaires et les retraites et le licenciement de 125 mille fonctionnaires dans les 4 ans. Parmi les manifestants de dimanche, un jeune professeur d'anglais dont les revenus ont été rabotés jusqu'à 950 euros par mois! Tout cela sans savoir si les remèdes de cheval qu'on lui applique permettront effectivement de sortir le pays de l'ornière.

Les Grecs ne sont pas les seuls, et de loin, à souffrir de l'austérité

Les Portugais aussi sont soumis à une véritable purge budgétaire. Ce week-end d'ailleurs, des milliers de militaires sont descendus dans les rues de Lisbonne pour protester, ici aussi, contre les nouvelles mesures d'économie promises pour 2013. Un officier supérieur de la Marine expliquait avoir perdu le cinquième de son salaire depuis 2010. Il gagne aujourd'hui moins de 200 euros par mois.

Et en Espagne, les difficultés sociales sont tout aussi importantes. Le chômage touche une personne sur trois quasiment, un jeune sur deux, et les habitants qui n'arrivent plus à payer leur loyer sont légion. La banque basque Kutxabank a suspendu samedi une expulsion de domicile après le suicide d'une propriétaire expulsée la veille, de quoi pousser le  gouvernement à décréter un moratoire.

Françoise Gilain

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK