Etudiant-entrepreneur: réussir sa start-up et ses examens, possible?

Situé en plein centre de Liège, l'espace FirstFace propose des produits de jeunes créateurs belges et du coaching en image. C'est le projet déjà abouti d'une étudiante entrepreneuse de l'Université de Liège, Anne-Sophie Dhaene
Situé en plein centre de Liège, l'espace FirstFace propose des produits de jeunes créateurs belges et du coaching en image. C'est le projet déjà abouti d'une étudiante entrepreneuse de l'Université de Liège, Anne-Sophie Dhaene - © Picasa

Ils ont vingtaine d'années et déjà une grande envie d'entreprendre. Mais comment concilier les études et la création d'une start-up ? De plus en plus d'universités proposent le statut d'étudiant-entrepreneur.

Ce statut, Robin Vanhoenaecker ne pourra pas en bénéficier. Son université, l'ULB, ne l'a pas encore adopté. Ce n'est pas un frein pour Robin que l'envie d'entreprendre démange de longue date : "Depuis que j’ai huit ans je veux devenir avocat et depuis que j’ai quinze ans je sais que je veux devenir chef de mon cabinet, propriétaire de mon cabinet d’avocats. Je pense qu’être entrepreneur, c’est donner un sens à sa vie. C’est ne pas avoir de chef, prendre son indépendance et être le propre maître de ses projets".

Robin n'a pas vingt ans, il est en première bac de droit. Dans quelques mois, sa start-up sera créée. Elle proposera des services de lobbying car, dit-il, il dispose des réseaux pour cela.

Un profil type ?

Très logiquement, l’étudiant-entrepreneur est en général issu d'une filière économique, principalement ingénieur de gestion. Mais il y a aussi pas mal de futurs ingénieurs, médecins ou juristes, voire des étudiants des filières artistiques.

C'est le cas d'Anne-Sophie Dhaene qui est en dernière année de Master en arts du spectacle à l'Université de Liège. Sa start-up existe, elle s'appelle FirstFace. Son cœur de métier, c'est la mode, l'image avec un lieu permanent qui expose de jeunes créateurs et propose du coaching.

FirstFace occupe quatre personnes encore bénévoles. Beaucoup de boulot donc pour Anne-Sophie Dhaene qui bénéficie du statut d'étudiant entrepreneur : "Au niveau académique, ce statut m’a permis, sans en abuser, de pouvoir, par exemple, décaler un travail le jour où j’ouvrais un de mes espaces. Au niveau professionnel et développement du projet, il m’a permis d’accéder au Venture Lab qui est un incubateur d’entreprises mis en place par l’université. Je peux y rencontrer des experts de la comptabilité ou du droit, des domaines que je ne maîtrise pas parfaitement en tant qu’étudiantes en arts du spectacle".

On ne brosse plus

Le statut d'étudiant-entrepreneur offre donc des facilités à l'étudiant. Une fois le statut obtenu sur base d'un projet, il ne doit plus négocier ses absences avec ses professeurs. Les universités partent du principe que l'étudiant a tout à gagner. Motivé par sa start-up, il l'est aussi par ses études qu'il sait indispensables.

Jessica Hakizimana est en Master à la Solvay Brussels School. Elle préside Ustart Belgium qui rassemble les étudiants-entrepreneurs de huit universités : "Je pense qu’il serait indispensable de mettre en place ce statut dans toutes les universités et hautes écoles pour deux raisons. La première est pratique et technique parce que ce statut donne plus de facilités à l’étudiant pour faire aboutir son projet. La seconde est de donner à l’étudiant une autre vision de l’entrepreneuriat et de ne plus avoir peur de concilier travail et études durant son cursus universitaire". Et en passant, c'est aussi un moyen pour rassurer les parents parfois inquiets quant à la réussite des examens...

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