Étienne Davignon: "Brussels Airlines conserve son caractère belge"

Étienne Davignon, le président du conseil d'administration de Brussels Airlines, se veut rassurant quant à l’avenir de Brussels Airlines et souligne la nécessité de s’adapter à un monde qui change.

Il rappelle les débuts difficiles de Brussels Airlines lors de l’Invité de Matin Première : "Un miracle s’est produit. On a trouvé des investisseurs patriotes qui ont lancé la compagnie. À ce moment-là, le pronostic de la durée du projet était de 3 mois pour les pessimistes et 6 mois pour les optimistes. Quinze ans après on est toujours là."

Il regrette par ailleurs le licenciement des deux patrons belges : "C’est désolant qu’une discussion de fonds se soit transformée en une discussion de personnes. Je suis triste de ne pas avoir persuadé les Allemands."

La culture de Brussels Airlines, c’est le dialogue et la transparence avec les syndicats.

Selon le ministre d’État, l’avenir de la compagnie ne s’écrira pas en allemand et il assure que le comité de direction sera constitué de deux Belges sur quatre. Il répète également qu’il n’y aura pas de licenciement. "La vérité est qu’il reste une société belge avec des statuts belges, et non une filiale. Elle garde son caractère belge car elle reste à Bruxelles et 3300 personnes y travaillent", ajoute-t-il.

D’après lui, l’arrivée de Luftansa dans le capital de Brussels Airlines en 2008 s’explique par l’explosion du prix du kérozène, ce qui a engendré une perte de 100 millions d’euros. "Nous nous sommes mis à table avec les syndicats pendant trois mois. Il n’y a pas eu de plan de restructuration. Le personnel a accepté d’augmenter sa productivité et de réduire le traitement. Et nous les avons compensés à partir du moment où nous avons enregistré du profit, ce que nous avons fait". Avant d’ajouter : "La culture de Brussels Airlines, c’est le dialogue et la transparence avec les syndicats. L’adaptation est continue."

Impact en Belgique et en Allemagne

Il explique que les adaptations à venir auront un impact en Belgique et en Allemagne. "Il y aura une activité allemande qui vient chez nous : Eurowings va faire du long courrier à partir de Düsseldorf à partir de fin avril. Qui gère cette opération ? C’est nous ! Qui a recruté le personnel ? C’est nous !"

Selon lui, plus grande est la compagnie, plus grande est sa capacité à négocier des prix avantageux : "Quand on commande des avions, la compagnie qui a 650 avions aura de meilleures conditions que celle qui en a 7."

Face aux critiques de l’économiste flamand Geert Noels qui a indiqué sur Twitter qu'Étienne Davignon avait vendu les fleurons belges à l'étranger, il répond :"Faire un tweet sur des affaires aussi importantes, ce n’est pas convenable pour un économiste qui prétend être compétent. Les simplifications ne sont pas honnêtes." Il a ensuite appelé au débat.

Le pouvoir de Charles Michel est réel

Selon l’ancien vice-président de la Commission européenne, le pouvoir du Premier ministre est réel : "Toute société qui a une activité importante dans un pays a intérêt à avoir des relations convenables avec les autorités de ce pays. Il n’a pas de pouvoir direct, mais un pouvoir d’influence."

Âgé de 85 ans, l’homme d’affaires continue de gérer de nombreux dossiers dans différentes entreprises et espère que Brussels Airlines sera son dernier combat.

"Il y a 15 ans que je dis que c’est mon dernier combat, j’espère que cette fois-ci, c’est vrai. Quand il y a 3300 personnes auxquelles on a réussi à donner du travail, je ne vais pas dire que je vais me tirer s’ils sont dans la mouise. J’espère pouvoir m’en aller tranquillement quand les choses seront rétablies dans la sérénité et que l’on verra que les déclarations d’intérêts se traduisent dans la réalité. Ça va être compliqué, mais on va y arriver", conclut-il.

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