Etats-Unis: sous pression, Amazon augmente les salaires de ses employés

Amazon a ouvert à New York une boutique avec ses produits les mieux notés, dans le quartier Soho, le 27 septembre 2018
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Amazon a ouvert à New York une boutique avec ses produits les mieux notés, dans le quartier Soho, le 27 septembre 2018 - © Jim WATSON

Amazon a annoncé mardi une hausse du salaire minimum pour ses employés aux États-Unis, une mesure destinée à attirer les candidats dans un contexte de plein-emploi et à faire taire les critiques contre le géant américain du commerce en ligne accusé de sous-payer ses salariés.

L'augmentation, à 15 dollars de l'heure à partir du 1er novembre, "concernera plus de 250.000 salariés ainsi que 100.000 employés saisonniers qui seront embauchés à travers le pays pendant les vacances", indique l'entreprise dans un communiqué.

La mesure s'appliquera également aux salariés de la chaîne de supermarchés bio Whole Foods, rachetée l'année dernière.

Lancée il y a un peu plus de vingt ans, l'entreprise est devenue un mastodonte du commerce avec une capitalisation boursière qui a récemment dépassé les 1.000 milliards de dollars. Mais elle est souvent critiquée pour ses mauvaises conditions de travail et son manque de sécurité de l'emploi.

"Nous avons écouté les critiques (...) nous sommes heureux de ce changement et nous encourageons nos concurrents et les autres grands pourvoyeurs d'emplois à nous rejoindre", a déclaré le PDG d'Amazon, Jeff Bezos, dans ce même communiqué.

Dans ce texte, Amazon souligne que les salariés conserveront leurs avantages sociaux actuels, comme des stages de formation continue, une couverture santé complète ou un congé parental de 20 semaines.

Les salaires chez Amazon varie selon les Etats, et la hausse représentera concrètement entre 3 et 5 dollars.

Amazon s'engage également à militer pour que le salaire minimum aux États-Unis, actuellement de 7,25 dollars de l'heure au niveau fédéral, soit augmenté.

Cette hausse au niveau fédéral "aurait un impact profond sur les vies de dizaines de millions de gens et de familles à travers ce pays", explique Jay Carney, vice-président en charge des affaires commerciales.

"Décision d'homme d'affaires"

Cette annonce arrive dans un contexte économique euphorique pour les États-Unis, avec une croissance retrouvée et un chômage sous les 4%, un plus bas historique. Mais le resserrement du marché du travail fait qu'Amazon a plus de difficultés à recruter des employés qualifiés alors que la saison des fêtes se profile: de Halloween à Noël, en passant par la fête de Thanksgiving et le crucial "Black Friday", journée de soldes et de ventes records.

Et les salaires n'ont que peu augmenté si on prend en compte l'inflation, malgré le programme de baisses d'impôts annoncé par le président Donald Trump en décembre 2017.

Larry Kudlow, le conseiller économique de la Maison Blanche s'est félicité de l'annonce de M. Bezos, l'homme le plus riche du monde, dont la fortune issue de la création d'Amazon s'élève à plus de 164 milliards de dollars selon une estimation en temps réel du magazine Forbes.

"C'est une décision d'homme d'affaire et c'est un très bon homme d'affaires", a commenté M. Kudlow. "Il est intelligent, les hausses de salaires, c'est génial".

Le sénateur démocrate du Vermont Bernie Sanders a aussi salué la mesure "extrêmement importante pour les centaines de milliers d'employés d'Amazon", appelant "d'autres entreprises rentables comme Walmart, comme (dans) la restauration rapide, le commerce de proximité" à faire de même.

"Dans le pays le plus riche de l'histoire du monde, on voit d'énormes inégalités de salaire et de richesse. La norme devrait être que nous ne devriez pas vivre dans la pauvreté en travaillant 40 heures par semaine", a-t-il estimé.

D'autres enseignes avaient déjà annoncé qu'elles augmenteraient leur salaire minimum à 15 dollars de l'heure comme la chaîne de grande distribution Target, d'ici 2020 ou la compagnie Walt Disney pour ses employés de Disneyland en Californie l'an prochain et pour ceux de Disney World en Floride d'ici 2021.

Amazon, basé à Seattle (nord-ouest), cherche également à construire un deuxième siège social, le "HQ2", pour lequel 20 villes nord-américaines ont été sélectionnées comme finalistes. Le choix doit se faire à la fin de l'année. Avec ce second centre névralgique, la firme promet la création de 50.000 emplois et un investissement de 5 milliards de dollars dans la ville retenue.

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