Et si l’État belge rentrait dans le capital de Lufhtansa pour sauver Brussels Airlines ?

SN Brussels Airlines est en faillite virtuelle. LN24 l’indiquait ce jeudi matin. Nous pouvons confirmer qu’au sein du gouvernement fédéral, c’est le point de vue qui prédomine.

Le secteur aéronautique est touché de plein fouet par la crise sanitaire actuelle. Partout en Europe, des aéroports ferment et les compagnies aériennes sont forcées de très fortement réduire la voilure, voire de tout arrêter. Brussels Airlines ne fait pas exception : depuis le 21 mars jusqu’au 19 avril, SN suspend ses vols. L’argent ne rentre plus, au point où la viabilité de l’entreprise inquiète. Celle-ci, déjà guère florissante avant l’arrivée du Coronavirus – 40 millions de pertes en 2019, un seul siège rentable par vol l’an dernier – voit l’avenir avec beaucoup d’inquiétude. Et espère une aide des pouvoirs publics.

Comme pour Fortis ?

Il faut le rappeler, depuis la fin 2016, SN Brussels Airlines (SNBA) appartient à 100% à Lufthansa, le géant allemand de l’aéronautique. SNBA est donc une entreprise totalement privée, à la santé vacillante, et qui a déjà demandé, mi-mars, de l’aide à l’État fédéral : 200 millions d’euros.

L’État fédéral n’en fait pas mystère, depuis un certain temps déjà : il aidera Brussels Airlines. Deux options sont sur la table : un prêt, à l’entreprise belge, sans contrepartie, ou bien avec une entrée dans le capital de la société. Le premier scénario n’est pas vraiment réaliste. Le second l’est plus, même si, nous glisse-t-on, " c’est un secteur qui n’a plus la cote, qui pollue beaucoup ". Mais SNBA et ses 3500 employés sont responsables de 40% de l’activité de l’aéroport : l’impact d’une faillite de Brussels Airlines serait très (voire trop) important sur l’économie belge. Mais l’idée de nationaliser tout ou partie de SNBA, et donc de recréer une Sabena nationale, ne séduit pas tout le monde.

Il y a une troisième option : que l’État belge entre directement dans le capital de Lufthansa. Cette option est défendue Koen Van Loo, le patron de la SFPI, le bras financier de l’État fédéral, qui dirige également, actuellement, l’un des groupes de travail chargés de contrer la crise économique due au COVID-19. La SFPI, c’est la " société fédérale de participations et d’investissement ". C’est l’entité qui détient les différentes participations du fédéral, les plus connues étant Belfius ou BNP Parisbas. L’État fédéral est d’ailleurs le deuxième plus gros actionnaire de la banque française, depuis le sauvetage de Fortis, puis la revente de cette dernière aux Français. De quoi récupérer de bons dividendes chaque année et donner quelques idées…

Selon un proche du dossier, "100% de Brussels Airlines vaut moins que 5% de Lufthansa". Investir dans SN serait moins rentable que de mettre de l’argent directement dans la société allemande, à la manière de la gestion du dossier Fortis. "Même sans la crise du Coronavirus, on ne pouvait pas faire abstraction du débat sur le business model de SNBA : on a bien vu en 2019 que ça ne fonctionnait pas" nous dit-on. Pas de chèque en blanc donc pour Brussels Airlines. Reste à voir la gestion allemande : Angela Merkel a mis sur pied un plan d’aide de 822 milliards. La filiale belge de Lufthansa sera-t-elle concernée par cet argent ? L’Allemagne accepterait-elle une entrée des Belges dans Lufthansa ? Les réponses de nos voisins allemands à ces questions vont conditionner l’avenir de SN Brussels Airlines.

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